‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 120 sur 150 · EXÉCUTION DES · texte numérisé non relu

EXÉCUTION DES

sauTèrent; U fut acquitté. Sir Henri Slingsby et le doc*teur Hewett furent moins heureux; ils contestèrent énergiqu^ment la compétence de la cour : a Je demande a à être jugé par un jury^ dit Slingsby ; tous êtes mas a ennemis^ pardonnez-moi cette expression; je Tois a parmi vous des personnes qui ont séquestré et fait

< vendre mes biens.... Vous m'accuses d'avoir violé

< vos lois ; je n'ai jamais pu les violer^ car je ne m^ « suis jamais soumis, b Le langage du docteur Hewett fut moins fler^ mais non pas moins ferme : a Je serais et désolé de faire^ pour sauver ma vie, quelque chose ff qui me ftt perdre le repos de ma conscience; je porte ce en moi un double caractère ; je suis ecclésiastique et a citoyen ; je ne renoncerai jamais, dans mon intérêt a personnel, à aucun des droits qui sont les droits de « mes concitoyens autant que les miens propres; p et il soutint, à ce sujet, contre l'avocat général et le président de la cour, un débat si obstiné que lord Lisle finit par lui dire : a Je vous ferai emmener ; on vous a demandé, u plusieurs fois demandé de répondre; vous vous y «r êtes refusé; greffier, au nom de la cour, je vous m somme d'en prendre acte, et faites emmener votre « prisonnier ; — Mais milord, reprit Hewett. . . . -r^Emm»a neZ'le, emmenez4e, i> s'écrièrent les juges. II fut aussitôt emmené en effet, et condamné à mort, ainsi que Slingsby ^ Mais quand on en vint à l'exécution de l'ar^ rét, le Protecteur eut, à son tour, dans sa propre maison,

1 Les 25 mai et 1" juin 1658.

CONSPIRATEURS ROYAUSTES {ivm 3658). 963

de tristes moments à subir; sir Henri Slingsby était onde de lord Faulconbridge que sa fille Marie Tenait d'é^ pouser; après la célébration officielle faite à Hamptoncourt par Tun des chapelains de Cromwell^ le docteur Hewett avait lui-même consacré une seconde fois ce mariage, car les filles du Protecteur ne se seraient pas crues légitimement mariées si un prêtre de TÉglise épiscopale n'avait béni leur union ; et Cromwell luimême y avait consenti, « par complaisance, disait-il, pour la folle importunité de sa fille. » De plus, le doc* teur Hewett célébrait en secret chez lui le culte anglican , et la fille favorite de Cromwell, lady Claypole, y assistait habituellement. Non qu'elle fût, comme on Ta prétendu, royaliste et favorable au retour de Charles Stuart ; elle était tendrement dévouée à son père, tremblait pour sa sûreté et souhaitait son succès : a Le Sei- « gneur nous a fait une grande grâce en sauvant mon a père des mains de ses ennemis, d écrivait-elle à ce moment même S quand le complot de Slingsby et de Hewett fut découvert, « car toute sa famille aurait, a a coup sûr, été perdue, et probablement la nation tout (c entière aurait été plongée dans le sang. x> Mais, sans se séparer de son père, lady Claypole était généreuse et affectueuse, et bien plus préoccupée de ses sentiments que des nécessités poUtiques. Elle flt^ avec ses sœurs, d'ardents efforts pour obtenir la grâce du docteur Hewett. Cromwell aimait beaucoup sa fille; mais il

1 Le 13 Juin 1658.

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