‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 122 sur 150 · TRAITÉ D'ALLIANCE ENTRE · texte numérisé non relu

TRAITÉ D'ALLIANCE ENTRE

des côtes^ irait se joindre à Tarmée française^ forte de vingt mille hommes^ pour faire la guerre dans les Pays- Bas espagnols^ spécialement pour assiéger les trois places de Gravelines^ Mardyke et Dunkerque^ dont la dernière, devait être remise aux Anglais et rester en leur possession. La solde et les dépenses de ce corps auxiliaire étaient partagées entre le roi de France et le Protecteur. La conclusion de ce traité causa^ aux deux cours^ un vif contentement^ et Cromwell témoigna^ peu après^ le sien en recommandant chaudement à Mazarin Tambassadeur de France à Londres^ Bordeaux^ dont le bon esprit et le savoir-faire avaient contribué à cet heureux résultat : la mort de M. de Bellièvre^ ât vaquer précisément à cette époque la première présidence du Parlement de Paris^ et Cromwell avait^ à ce quil parait^ porté jusque-là sa demande de faveur^ car Bordeaux lui-même s'en excusa auprès du cardinal en disant qu'une charge de président à mortier comblerait ses désirs. La recommandation de Cromwell était excessive et demeura vaine ; M. de Laraoignon fut nommé premier président du Parlement de Paris. Mazarin n'aurait eu garde de payer si chèrement, après coup, un succès désormais atteint ^ Environ six semaines après la conclusion du traité,

1 Le 15 mai 1657.

* Thurloe, State-Papers, t. V, p. 318, 369; t. VI, p. 115, 116, 124, 6W; — Dumont, Corps diplomatique^ t. VI, p. 11^ p. 224, 178; — Garderie Histoire générale des Traités de paix, t. II, p. 10-12; — Godwin, Hist» ofthe CommonwealtK t. IV, p. 532-542; — Correspondance de

LA FRANCE ET L'ANGLETERRE (•/3 mars 1657}. 3«9

les 13 et 14 mai 1657^ les troupes anglaises^ commandées par sir John Reynolds^ débarquèrent à Boulogne ; la cour et l'armée^ Mazarin et Turenne les attendaient avec impatience et les reçurent avec de grandes marques de satisfaction; on prit^ pour qu'elles fussent bien traitées^ des soins administratifs très-imparfaits et peu efficaces^ mais alors assez rares. C'étaient des régiments formés et éprouvés dans les longues luttes de la guerre civile^ dressés à la discipline la plus exacte^ de mœurs sévères, d'une bravoure forte et grave; ils avaient été, en partie à leur départ, en partie à leur débarquement, armés et équipés à neuf. Louis XIV vint en personne leur faire accueil et les passer en revue : « Sire, » lui dit Lockhart, a le Protecteur a ordonné à ses officiers et à « ses soldats de déployer, pour le service de V. M. , le c< même zèle que pour le sien propre. » Le jeune roi se montra très-sensible à ces témoignages d'affection « d'un a prince qu'il considérait, dit-il, comme l'un des plus « grands et des plus heureux de l'Europe. » Les Anglais ne tardèrent pas à rejoindre l'armée de Turenne et à entrer en campagne : mais lies mécomptes et les plaintes succédèrent bientôt au contentement mutuel ; ils s'étonnaient de voir les villages désertés par les habitants quand ils y arrivaient ; ils se trouvaient mal nourris ; beaucoup tombèrent malades ; ils envoyèrent à Londres des échantillons du pain qu'on leur distribuait, pour

M. de Bordeaux avec M. de Brienne et Je carihnaî yfazarin {Dontvients historiquex, n" XXIV).

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