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DES ANGLAIS EN FRANCE

c( places en attendant, qu'on nous donne Calais, Dieppe « ou Boulogne.... Dites, je vous prie, de ma part, au a cardinsQ que Texécution de son traité vaudra mieux « que tous les projets dont on nous entretient.... Si ori « ne vous écoute pas, je désire qu'on nous indemnise « des grandes dépenses que nous avons faites, et qu'on a mette nos troupes en mesure de nous revenir; nous <( les^ emploierons plus utilement qu'on ne le fait là où « eitëè éôfit*. »

Cô lâlïgslge né manqua point son effet : Mâzarin se ïàisâaît sdsëmént tomber dans les embarras d'une situation compliquée et d'une poliiiqué astucieuse; mais il savait sortir dés embarras quand ils devenaient vraiment des périls. L'armée française eut ordre de laisser là les opérations dans l'intérieur des terres et de se rapprocher des côtes. Mardyke fut assiégé, pris* et remis provisoirement en gage aux Anglais. Turenne marcha sur Gratèlînes; mais les Espagnols, lâchant les écluses, inondèrent leé environs de la place et en rendirent l'aiiprôché impossible. Cromwell insistait pour qu'on fît immédiatement le siège de Dunkerque, offrant d'envoyer deux mille hommes de plus pour y concourir. Tiirehne ne jugea pas l'entreprise opportune et mît fin à la campagne. Cromwell se résigna sans trop d'hu-

i Thurloe, Siate-Papers, t. VI, p. 220, 287, 490, 618 i^Theperfect Politician, p. 232, 337;— Godwin, Hist. of the CommonwealtK t. IV, p. 542-545 y—Bordeaux à BrimJie, 23 août 1650^ {Documents Tiintùn- (lues, no XXV).

« Le 3 octobre 1658.

37ii SIEGE DE DUNKERQUE.

meur ; il avait repris quelque confiance dans les intentions de Mazarin et reconnaissait l'autorité militaire de Turenne. Le traité d'alliance offensive fut renouvelé pour un an^ aux mêmes conditions; et quand la campagne se rouvrit^ au printemps de 1658^ Cromwell en réclama le prompt accomplissen^ent. Turenne s'avança vers les côtes, a sans savoir si on pourrait assiéger Dunkerque,» dit-il lui-même, « car attaquer cette place avant d'avoir pris Fumes, Bergues et Gravelines qui l'environnent, c'était être assiégé en même temps qu'on assiégeait.... Mais M. le cardinal souhaitait que l'on marchât en Flandre, et M. de Turenne désirait aussi de faire voir naïvement aux Anglais que l'on faisait tout son possible pour l'exécution du traité. » Les deux régiments nouveaux que Cromwell avait promis arrivèrent; Lockhart lui-même^ et sous ses ordres le général Morgan, brave •officier formé à l'école de Cromwell et de Monk, prirent le commandement du corps anglais. Dunkerque fut investi *. Louis XIV et Mazarin vinrent à Calais pour assister de là à ce grand siège. Le marquis de Leyde défendait la place. À Bruxelles, ni don Juan ni le marquis de Carracena ne voulaient croire qu'elle fût en péril; à la fois indolents et fiers, ils dédaignaient les conseils tantôt d'activité vigilante, tantôt de réserve prudente que leur donnait incessamment Condé ; ils ne souffraient pas qu'on vînt les éveiller pendant leur

1 Le 28 mars 1658.

« Le 95 mai 1658.

BATAILLE DES DUNES (14 juin 1658;. 373

sieste si quelque incident imprévu survenait, ni qu'on doutât de leur succès quand ils étaient debout et à cheval. Ils accoururent à la défense de Dunkerque^ laissant en arrière leur artillerie et une portion de leur cavalerie. Condé les conjurait de se retrancher en les attendant ; don Juan au contraire voulait s'avancer dans les Dunes et marcher à la rencontre de Tarmée française : « Vous n'y pensez pas, disait Condé ; ce terrain n'est a favorable qu'à l'infanterie, et celle des Français est a plus nombreuse et plus aguerrie. — Je suis persuadé, a répondit don Juan, qu'ils n'oseront seulement pas « regarder en face l'armée de S. M. Catholique. — Ah, a vous ne connaissez pas M. de Turenne ; on ne fait pas a impunément une faute devant cet homme-là. » Don Juan persista et s'engagea en effet dans les Dunes. Le lendemain 13 juin, de plus en plus convaincu du danger, Condé fit de nouveaux efforts pour l'engager à se retirer : « Me retirer 1 s'écria don Juan, si les Français a osent combattre, ce jour sera le plus beau qui ait a jamais éclairé les armes de S. M. Catholique. — ^Très- (( beau en effet, dit Condé, si vous ordonnez la re- « traite. » Turenne mit fin à ce dissentiment dans le camp ennemi : décidé à livrer bataille, le 14 juin, au point du jour, il en fit prévenir le général anglais par l'un de ses officiers qui voulut en même temps expliquer à Lockhart le plan du général en chef et ses motifs : « C'est bon, répondit Lockhart^ je m'en rapporte à a M. de Turenne ; il me dira ses raisons après la ba- « taille si cela lui convient. » Contraste frappant entre

Mi DUNKEBQUE KHf PRIS

U mâl^ (liscipjine du bon seiis wi^laU ei te frivpl^ ^y^ glement de Torgueil espagnol. Copdé ae s'é1»ft p^p^ trompé : engagée sous de tek auspices, VismÊ (te )a batailte ne pouvait être douteuse : « Monseigneur, p dit-il au jeune duc de Glocester qui servait dans Tj^rmé^ e§pi^gnole, à pôté de son frère te duc d'York, « avez-vpuf « jamais yq liyrer une batailte?— Nop, prince.— E^ a bien, vous allez en voir perdre une. ïî La baiailte tjleg Dunes fut en effet complètement p^due par les f^gnols, après quatre beures d'une lulte ^r^s^vive dang laquelle tes régiments anglais enlevèrei^t vaillamment^ et avec dç grandes pertes, le poste te plus cJitp^^Ue e^ te mieux défendu par Tennemi; tous les offlciers du riment de Lockbart, à l'exception de deux, y f^re^t tué» ou btessés. Le duc d'York^ de son côté, et te petit c^rp de royalistes anglais ou irlandais engagés sous tm ordres au service de l'Espagne, rivalisèrent de bra*^ vpure, en se rencontrant face à face avec teurs compatriotes républicains. Turenne et Condé^ qui avaimt fait Tun et l'autre, cbacun dans son camp, selon Tes^pres^ sion du duc d'York, «( tout ee qu'il çtait iM^ssiMe de faire^ ^it comme général, soit comme soldat, » i«ndi|*ent pteine justice à teurs alliés. Avant la &a du jour, l'armée espagnole se retira en déroute, laissant quatre niille prisonniers aux mains des vainquew^. « Us eo- 0 nemis sont venus à noiis, p écrivit te soir Tur^me I ^ femme; « U? ont été battus; Dteu en mt loué ! j'ai Xi un peu fatigué tpu4e te jouroée; j« wù\j^ dmmft te (K bonsoir et je vais me <^ucber. p Dix jours après, te

KT ^Hl$ AUX ANGLAIS (25 juin X658). 375

23 juin iQ58j la g^rni^on de Punkerque éts^it épuisçe; le vieux jfouverneur, le maquis de Leyde, Rivait été blessé à mort dan^ upe sortie ; la place se rendit ; et le surlencjeipain^ 35 juin, Lpwis XIV y entr^ pour en faire aussitôt la remise aux Anglais, a Quoique la cour et a rarpjée soient au dçsesppir dp se dessaisir de ce qu'ils a appellent un si bon morceau, » écrivait 14 veillç Lockbart |iTùurloe, « cependapt le cardinal est ferme d dan$ ses promesses, et semble aussi 3atisfait de ree mettre cette place à Son Altesse que je le sui^ de la « rccevpir. Le roi aussi est extrêmement obligeant et c poli, et il a dans Tâme plus de probité que je ne

a ^im4ginais^ »

Cromwell n'avait pas attendu que Dunkerque fût pris pour témoigner avec éclat à lauis XIV sa flèrfe sati^action dp l'alliance qui les unissait. Dès qu'il sut le roi et ]!|la?arin à Calais, il y envoya son gendre, Iwd Faulconbridge , comme ambassadeur extraordinaire, pour les complimenter en son nom. Deux vaisseaux et trois petits bâtin^ents portaient Tambass^deur, ses équipageç et sa suite, au nombre de plus de cent cinquante

1 Thurloe, Siate-Papws, t. VI, p. 489, 504, 525, 537; t. VII, p. 52, 69. 146, 14fi, X51, 155, 173, 174, 175, 178,192;— Hwtoirp et Mémoires du vicomte deTurennef t. I, p. 360-375; t. II, p. clviii-clxvi; — DesormeauK, Histoire de Louis II j prince de Condé, t. IV, p. 118- 144 ;-r(£uvres de Louis XIV, t. ï, p. 167-174; — Mémoires de Jacques II, i, I, p. 468-506, (Jans ma Collection ; — Clarendon, Hist» of the Rehell,, 1. xv, c. 134-139; — Godwin, Hist. of the ComrmonwealtK t. IV, p. 546-548; — Echard, Hist» ofEnglarrd, t. II, p. 821-823.

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