DE LA RÉPUBLIQUE
ment, «conditions teUes, écrivait Bordeaux à M. Servien, qu'il serait toujours fort facile de sortir d'affaire à ce prix *. » Cependant le traité avec le Portugal ne se concluait point. Le projet d'alliance qu'au nom du roi d'Espagne don Alonzo de Cardeftas avait présenté le 12 septembre 1652 au Long Parlement, restait également en suspens comme oublié et non avenu. Le ministre de France, malgré le refus obstiné que rencontrait sa demande en restitution des vaisseaux pris |)ar Blake devant Calais, semblait plus avancé dans sa négociation; on lui avait laissé entrevoir quoique désir d'envoyer en France un ambassadeur; les commissaires chargés de traiter avec lui, lui avaient témoigné que « si S. M. avait dessein de faire quelque liaison avec leur État, rintérét des marchands ne les tiendrait i)oint, me disant avec une esi)èce de mépris : quoi ! nous nous amusons ici à des marchands? Ce n est pas là le nœud de l'affaire •. » Le Long Parlement se sentait en pressant péril et cherchait des amis ; au momrnit de son expulsion, Bordeaux se croyait sur le point de conclure avec lui on traité. Il reprit, auprès des pouvoirs nouveaux, son travail et ses espérances. Mazarin, toujours prodigue d'avances flatteuses, écrivit à Cromwell pour lui offrir et lui demander une utile amitié. Cromwell lui répondit avec un rare excès d'humilité affectée : « C'est une sur-
* Le 27 janvier 1653; Archives des Affaires étrangères de Fratice.
* Bordeaux au comte de BnVnne ,10 avril 1053} ; Archives des Affaires étrangères de France.