RELATIONS EXTÉRIEURES
prise pour moi que Votre Éminence ait fait attention à un homme aussi insignifiant que moi^ qui vis en quelque sorte sé|>aré du monde. Cet honneur a fait sur moi, comme il le devait faire, une profonde impression, et m'oblige à servir Votre Éminence dans toutes les occasions que j'aurai le bonheur de rencontrer; c^est à quoi m'aidera, j'espère, cette honorable personne, M. Burdoe (Bordeaux) K » Mais ces démonstrations demeurèrent stériles; la France, son roi et son cardinal étaient, pour les républicains et les anabaptistes du Parlement Barebone, l'objet d'une antipathie méfiante que Cromwell ne voulait pas encore braver : « L'on ne vous a possible pas informé de tous les rebuts que votre envoyé a reçus
à Londres, écrivait M. de Gentillot à M. de Brienne
Son Éminence a dit tout haut que le général Cromwell lui faisait faire beaucoup de civilités, et que tout était en bonne correspondance. L'on en croit autrement ici, et qu'il a traité fort rudement votre envoyé, ne lui ayant jamais voulu accorder aucune audience privée, ni recevoir quelque compliment particulier; ce que je dis pour vous porter à vous persuader de la mauvaise aflfëctioii de ce régime, afin que vous vous y précaulionniez *. » Bordeaux reçut bientôt et transmit à Paris la même impression : « Le général, écrivit-il à M. de Brienne, me I)araU peu échauffé pour la France; la première ré-
1 Le 9 juin 1653; Archives des Affaires étrangères deFrance {Documents historiques j no IV).
* Le 30 juillet 1653. Archives des Affaires étrangères de France.