HO NEGOCIATIONS DE CROMWELL
que n'était pas encore prête à s'étendre jusque-là; on proposa le titre de mon cousin ; Cromwell le repoussa, déclarant qu'il n'en voulait nul autre que celui de M. le Protecteur *. Mazarin fit offrir, si le traité d'alliance était conclu, d'abord 1,200,000, puis i, 500,000, puis 1,800,000 livres par an et la remise de Dunkerqueà l'Angleterre quand les troupes françaises et anglaises réunies s'en seraient emparées *. Le séjour dos princes proscrits en France était le continuel sujet des méfiances et des réclamations de Cromwell. Charles 11 venait d'en sortir pour aller se fixer à Cologne ^; mais la reine sa mère et ses deux frères, les ducs d'York et de Glocester, résidaient toujours, soit à Saint-Germain, eoit à Paris; le duc d'York servait même dans l'armée françaiçe. Mazarin fit entrevoir qu'on pourrait bien « faire passer ce prince, par quelque voie civile, auprès de son frère, et assigner à la reine mère quelque ville du royaume, sous forme d'apanage, où elle se pourrait retirer avec le duc de Glocester, lequel, dans un âge plus avancé où ses desseins pourraient donner quelque ombrage, serait aussi renvoyé auprès du roi son frère. » Et à ces avances politiques Mazarin joignait toute sorte d'attentions per-
1 Bordeaux à Brienne, 2, 5, 10, 12 mars et avril 1654; Archives des Affaires étrangères de France [Documents historiqueSj n^ VII).
* Mazarin au baron de Baas (27 mars 1654) ; — Mémoire pour servir d'instructions au sieur de Bordeaux (16 juillet 1654) ; Archives des Affaires étrangères de France (Documents historiques, n® VII).
8 Au commencement de juin 1654; Clarendon, Hist. oftheBehelHon, 1. XIV, c. 95.