‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 35 sur 150 · AVEC L'ESPAGNE ET LA FRANCE (1651). RI · texte numérisé non relu

AVEC L'ESPAGNE ET LA FRANCE (1651). RI

sonnelles : a Consultez-vous, monsieur l'ambassadeur {

et vous, écrivait-il à M. de Baas, s'il serait bon que j'envoyasse quelques barbes à M. le Protecteur, et ditesmoi si ce ne serait point trop de familiarité de lui faire quelque présent de vin, et enfin quelles autres choses lui pourraient être plus agréables '. »

Le cardinal s'inquiétait d'autant plus de plaire au Protecteur que la cour d'Espagne n'était pas, auprès delui, son unique rival ; en apprenant l'établissement du Protectorat, le prince de Condé s'était liàté d'écrire à Cromwell : 0 Je me réjouis infiniment de la justice qui a été a rendue au mérite et à la vertu de Voire Altesse. C'est te en cela seul que l'Angleterre pouvait trouver son salut K et son repos; et je tiens les peuples des trois royaumes a dans le comble de leur bonheur de voir maintenant a leurs biens et leurs vies confiés à la conduite d'un si « grand homme. Pour moi, je supplie Votre Altesse '

a de croire que je me tiendrais fort heureux si je pou- « vais la servir en quelque occasion V » I^es agents du prince. Barrière et Ciignac, ainsi que les députés de Bordeaux, étaient toujours à Londres, s'elforçant d'ob- ;

tenir, pour la Fronde, l'appui du Protecteur comme naguère celui du Parlement'.

Cromwell recevait toutes ces avances avec les mêmes

< Le 8 aïril 1654 ; Archiva dct Affairei r*iran9*r« dtFranct. * Décembre 1653 i Uunuicn'li iiiBrienne(BibUoihiqut impériale], > Tburloe, Slalt-Paptr; t. I, p. 760; t. II, p. 259, 685 :-flordeaux à Britnne, 27 msre 1654 [Archivet det Agairet élrangira de

8i NEGOCIATIONS DE CROBIWELL

apparences de bon vouloir : non qu'il les vit toutes du même œil, et qu'entre des alliés si divers il flottât indifférent ou incertain ; au contraire du Long Parlement , il penchait bien plus vers la France que vers TEspagne ; avec une sagacité supérieure, il avait compris que l'Espagne était désormais une puissance apathique et peu efficace , et , malgré ses démonstrations favorables, plus hostile que toute autre à l'Angleterre protestante, car elle était , plus exclusivement que toute autre, adonnée aux maximes et aux influences de TÉglise romaine. Et en même temps quMl y avait peu à attendre de TEspagne, elle offrait, à Tambition maritime de TAngleterre, par ses vastes possessions dans le nouveau monde, de riches et faciles proies. De la France, au contraire, Cromwell avait beaucoup à craindre, car elle tenait dans ses mains les Stuart, et un utile concours à espérer, car elle était gouvernée par une poUtique libre et active, capable de penser et d'entreprendre hardiment. Hais la plupart des compagnons de Cromwell, Lambert entre autres, n'avaient pas, sur l'état des faits et sur les intérêts de leur patrie au dehors, des notions aussi justes; asservis à la routine des idées et des passions populaires, ils détestaient surtout la France, et souhaitaient la guerre contre elle, pour l'honneur, disaient-ils, comme pour la sûreté de leur République. Cromwell, toujours plein de ménagement pour les dispositions des hommes dont il avait à se servir, essayait de les redresser à cet égard ; tantôt dans des entrevues particulières, tantôt dans des réunions chez son fils

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