‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 42 sur 150 · CONTRE LES CONSPIRATIONS · texte numérisé non relu

CONTRE LES CONSPIRATIONS

ni d'éclatant ; des avertissements, des cbangeuicnts de résidence, des destitutions, des arrestations sans bruit, FleetwooiJ^ à Dublin, avait eu ordre « de faire remplir « de quelque autre manière les fonctions qu'exerçait « dans Tarmée Ludlow qui se déclarait mécontent du « gouvernement, et de le renvoyer au besoin en Angle- « terre, sur sa parole. » Thurloe et Cromwell lui-même entretenaient en Ecosse avec Monk^ sur les officiers malveillants de son armée, une correspondance assidue, et Monk mettait fidèlement au service du Protecteur sa silencieuse mais efficace vigilance. 11 fut averti que des menées , républicaines et royalistes à la fois , se tramaient autour d'Overton dont fe commandement était fixé à Aberdeen; elles allaient, disait-on, jusqu'au dessein de surprendre Dalkeitb, où résidait Honk, de s^' saisir de lui et de marcher aussitôt vers le nord de l'Angleterre où Bradshaw et Haslerig devaient faire ^laler rinsurrection. Les conspirateurs se flattaient qu'ils pourraient disposer de deux mille bonimes de cavalerie pt (le plusieurs régiments d'infanterie. Ils avaient dai^ }a flotte, surtout avec le vice-amiral Lawson. des intelligences. On prétendait môme que, du fond de sop château de Nun-Appleton , Fairfax leur était favorable, pt qu'il se mettrait en mouvement dans le comté d'York, quand ils y paraîtraient. Cromwell, à Londres, et Monk, à Dalkeith, suivaient pas à pas ces projets infpriiies et trahis dft toutus parts. Monk manda Overton auiirès de lui ; Overton tarda à s'y rendre ; Monk le remplaça dans son commandement, lui assigna Leith i)our résidence.

m MESURËîi DK CROMWELL

et peu après le fit arrêter et l'envoya à Londres où il fut mis à la Tour'. On trouva dans ses papiers des indices de ses relations avec les Cavaliers et des fers écrits de sa main contre le Protecteur : u Un Protecteur I « Qu'est-ce que cela? Une personne fastueuse qui se « proclame elle-iiiême le singe d'un roi,.,., une mon- >> naie contrefaite où s'étale gauchement ime effigie en

« or avec un nez en cuivre Que le Roi des rois nous

V protège contre ce que nous appelons un Protecteur M » Overton était depuis trois semaines à la Tour quaud le plus acliamé des conspirateurs républicains, le major Wildman, y fut aipené comme lui. Peu de jours auparavant", il était occupé à dicter une u déclaration des « hommes libres et bien pensants d'Angleterre mainte- « nant en armes contre le tyran Olivier ,Cromwell. » U y rappelait les espérances de liberté au nom desquelles Cromwell avait autrefois soulevé l'Angleterre, les mensonges par lesquels il l'avait trompée, l'oppression qu'il faisait peser sur elle, et il conjurait tous les honnêtes gens, tous les soldats, ses anciens camarades, de se joindre à l'insurrection qui voulait délivrer d'un tel joug leur pays. Dans son obscure maison de la petite ville d'Eston , Wildman se croyait parfaitement en

' Le 1« janvier 1655.

' Porliam. HUt., t. XX, p. 131-132 i — ïhiirloc, Stale-l'apets, l. ni, p. 46, il. 56, 67, 75. 76, 110, 186, «7. 280;— Whitelocke, p. 618, 6i5 ■.—Cromv.élliana, p. 140-153 ; — Ludlow, Mémairai. t. II, p. 287.

> Le 10 Séviier 1655.

COXTUE les conspirations a655 . Ho

sûreté; la porte de sa chambre était ouverte; il n'avait pas encore fini de dicter ; des soldats^ envoyés sur un ordre de CromweU, entrèrent inopinément et le saisirent, lui, ses papiers et ses armes, que le colonel Butler expédia sur-le-champ au Protecteur. Plusieurs autres chefs, anabaptistes ou niveleurs, Harrison, lord Grey de Groby, Carew, furent également, et avant qu'ils eussent rien entrepris, arrêtés, dispersés et retenus dans diverses prisons; aucune poursuite ne fut entamée contre eux. Quand il avait affaire aux hommes de son ancien parti, Cromwell s'appliquait à prévenir et h étouffer; il les voulait impuissants, mais non victimes avec éclat*.

Envers les royalistes, il agissait bien autrement : en même temps que, par la sécurité des intérêts civils et par Tesprit conservateur de son gouvernement, il travaillait à rallier les grands propriétaires, les hommes tranquilles et fatigués delà lutte , il laissait les hommes ardents, les têtes cliaudes du parti, s'engager et se compromettre à leur gré, surveillait leui's^menées sans les entraver, en exagérait plutôt qu'il n en atténuait la gravité, et les frappait rudement dès qu'il les saisissait en action. Ils étaient, quand le Parlement fut dissous, en grande effervescence et confiance; ils comptaient sur le concours de leurs alliés républicains dans Tarmée, sur les mesures

* ThvLTloe, State-Papers, t. III, p. 147;— Whitelocke, p. 618-620; — CromweUiana^ p. 151; — Clarendon, Hist. of the Reheîliofif 1. xiv, c. 48, 49;— Godwin, Hist, oftheCommomcealth, t. IV, p. 159-165.

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