‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 44 sur 150 · PROCES DES INSURGES · texte numérisé non relu

PROCES DES INSURGES

à Cologne où Roclicster ne tarda pas à le rejoindre ; et la petite cour exilée se donna la consolation de rejeter le mauvais succès de l'entreprise sut- l'espion Manning dont la trahison fut découverte, et que Charles, avec l'autorisation du duc Philippe-Guillaume de Neubourg, fil fusiller sur le territoire de ce prince'.

Presque au même moment, le sang de Penruddock et des principaux insui^és de l'ouest, ses compagnons, coulait sur l'échafaud à Exeter et à Salisbury '. Cromwetl fit d'abord venir les prisonniers à Londres et les interrogea lui-même, pour bien connaître le caractère de l'iosurreclion et pour en rehausser l'importance. Puis il les renvoya dans l'ouest, pour qu'ils fussent jugés et exécutés sur les lieux où elle s'était accomplie. 11 ne craignit pas cette fois de remettre le jugement au Jurj; le mouvement n'avait pas eu la faveur populaire, et Cromwell était bien sûr des shériffs chargés de désigner les jurés. Penruddock et ses amis moururent sans faiblesse et sans enthousiasme, en liommes à la fois courageux et découragé*, qui auraient désiré sauver leuivie, mais qui tenaient encore plus à leur honneur et savaient subir dignement leur sort. Cromwell ne multiplia point les procès et les exécutions; il fit arrêter un

1 Cl&rendoa, Bkt. of the ReheUion. 1. iiv, c. 135-1^6 i—Thurloe, Slate-PaperSj t. IV, p. 462-468;— Sir Henry Slingshy'a Diary. Préface, p. xi-xiii-. — Balea. Elenchvs, etc. , Part. II, p. 323; — Whitelocke, p. 633.

* Le prncès dura du 19 au ^i avril 165.'i, et l'exi^culiûn eiit lieu le 16 mai.

ROYALISTES (avril 1655). 133

grand nombre de royalistes^ retint quelque tem|>s en prison les plus considérables^ et fit embarquer les autres pour les colonies des Indes occidentales, où ils furent vendus comme esclaves. Les planteurs des Barbades en achetèrent soixante et dix. Le Long Parlement^ après la bataille de Worcester, avait donné l'exemple de cette indignité ^

La victoire était aussi complète c|u'elle avait été facile : Cromwell en fit grand bruit, ainsi que du |)éril ; il en avait besoin pour justifier, dans le passé, la dissolution du dernier Parlement auquel il avait imputé cette recrudescence des discordes civiles^ et dans Tavenir les mesures rigoureuses dont il prévoyait la nécessité. C'est Fun des vices du pouvoir absolu qu'il est contraint, pour vivre, d'entretenir et d'aggraver dans la société la terreur des maux dont il promet de la guérir. De tous les grands despotes, Cromwell est peut-être celui qui a le moins abusé de ce mensonge, car son despotisme, qui fut court, avait des causes naturelles et vraies, et il tenta lui-même^ à plusieurs reprises, de le transformer en un gouvernement tempéré. Lui aussi, pourtant, il fit quelquefois, des séditions et des conspirations, un usage menteur, et notamment en IH.Vi, il tira, de leur apparition faible et fugitive , plus de force |K)ur son IH)uvoir qu'elles n'avaient eu de danger.

^ State-Trials, t. V, col. 767-790;— Whitelocke, p. 621;— CromxceUiana, p. 149-153; — Clarendon, Hitt. of the Rébellion, 1. xiv, c. 134; — ^Bates, ElencKxUy etc., part. II, p. 453; — Burton,Dtart/, etc., t. IV, p. 256, 258, 259, 262, 271, 272.

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