DES MAJORS GÉNÉRAUX
de son arriyée^ de son logement et de tous ses mouvements. C'était une législation spéciale contre un parti et une classe de citoyens^ point sanguinaire^ toute de fiscalité et de police^ mais complètement arbitraire et acccMfnpagnée de toutes les mesures accessoires qui pouvaient en assurer Tefflcacité ^
Parmi ces mesures figuraient^ en première ligne^ cfes précautions rigoureuses contre la presse : le nombre des feuilles publiq^ies, rédigées à Londres et toutes hebdomadaires^ qui avait été de douze en 1053^ était^ depuis le Protectorat, réduit à huit, dont deux seulement avaient quelque nuance d'opposition. Un oixlre du Conseil * défendit d'en publier désormais aucune sans Tautorisation spéciale et continue du secrétaire d'État ; et deux feuilles^ toutes deux rédigées par Marchamont Needham^ écrivain d'abord royaliste, mais que Milton avait gagné à la République et à Cromwell, survécurent seules à cette prohibition '.
L'exécution de ce plan aggrava, comme on pouvait s'y attendre, ses eifets prémédités et naturels : par obéissance militaire, par passion de parti, par rivalité de zèle, les majors généraux usèrent et abusèrent à l'envi des pouvoirs presque sans limite qui leur étaient confiés; ils multiplièrent les perquisitions, les arrestations, les vexations, uniquement préoccupés de découvrir les ennemis du Protecteur, d'élever les produits de la taxe,
1 Parliam. Hist., t. XX, p. 461-467.
' Le 5 septembre 1655.
* Godwin, Hist. ofthe CommonweaWh t. IV, p. 225,