U CUXDllITi?: DK CKOAlWELIe liNVEKS
les proscrits lui fonroissçjf^t, ea sauvayi lesi ^pp^reiiççs, (luelque raoyeii^ ^e Içs éluder; mais qu^aml leur (oi ardeyte ou leur caractère (^uer^c(.ue s.ç refusi^gi; à, ces petite i faiblesses, il laissait, çaus UéMtçr, à I4 cruç^i^tc de la loi, sojx libre cours. Avçe ^. clergé de VEgljse g^licane, il avait uApeUj pUi^ dç latitude; ni la, ^ésis^tioa, iii les Mnes de pavti ue iui injippgaiçat, euyçrs eux, cçtte pçrséculipa sajaglaiite, et il étaji^t, par spft proçrç. pepr cluMit, eiji^cliu, ^ les uiénager, car les ma^xii^^^es politiques • et ta forl^e djiscipUpe de l^ur Église lui çomeuaiout. (^epe^daMt, poiu* obéii; t^u^^ traditio^is vévQlutipau^res, ppw plaijTe aux pre^yt^éi;iei]s,, ppuf avoir des béaéfiçes * à donner à ses p^trtisÉ^ ijl, ppi^cha^s^t pjartpMt l,es éçi,scQpaux, leur retû^ait Iç^ curqs, leyr interdirait tou,te pratique publique de leur culte. 11 alla mêm^e iusqu'à d^fendi*e ^ que, d^aii^ Tintérieur des fa,miUes, ils fu3S(^i mis, comme cela, arrivait souvent, à titi^e de cb^pelsyya^ ou de pxéçeptçurs. C'était ferija^er, h, W grand npmjbre
d'ecclésiastiques- cUassvs de IçLU' çure^.ky^derç contre ]^. nusère, ei^ enlever ^\ pa^jeniçS tojute. Ubçi-té (lans rédnçation, mè\^^ dprajp§l?ique, de lueurs, enfants^ Contre }^\si persécution §i ac^^ij^e^ Içs réclainatignsv furent v^vest:. le sav,ai?t çt i^kisti^e Us^ii^r, arçtieyêq^e d'Arn^agU et prij^aat d,'li;tend^, qu,e Crpi^^^^ell t^çqiigH avec faveur, ^'en reuddtiï l'oji'gane; il, obtint, lyen. q^i'ajvec ))<?ine3, dju V^'^^ecteur, la. promiesse que cette odif^jjse interdiction si^^raM le\ée. Jiajis lu pçoraes^e m s exéçutaii
* Le -il iiovt'inluc lorK».
LES CATUOLIQIES KT LE.S EPISCOPACX. 151
l>as : Usher retourna à Whiieliall; il trouva Cromwell entre les mains de son cbiriu'gien occupe à lui pan3cr un énonpe clou sur la |K)itrine ; le Protecteur ordouui
qu'on fît entrer larchevcMpie» et le pria de s'asseoir et de l'attendre un momeut, lui disant : u Uuand ce clou « sera une foisextirpé^e serai très-bien;»— «Je crains^ lui dit Usher, « ([ue le clou ne soit plus avant; il y en a « un dans le cœur qu'il faut extirper; sons quoi rien tf n'irabien; »— « Ah! » reprit Crojuweil en soupirant^ c( ceia est vrai. » Mais quand l'airlievèque voulut Teatretenir du motif de sa visite^ Croinwell rinterrompit en disant qu'il y avait mieux pensé, qu'il eu avait délibéré avec son Conseil, et que tous élaieut d'avis qu'il n'y avait^ pour lui, point de sûreté à accorder la liberté de couscience à des hommes qui se montraient les implacabks ennemis de sa personne et de son gouvernement. Croiu- Mell n'étiit ni si inquiet ni si rigoureux qui! voulait le paraître; sa déclaration contre les chapelains et le^ précepteurs empruntés à TEglise anglicane demeura pres({uc sans effet; mais il n avait osé ni ki refuser au fanatisme de son parti, ni la révoquer ||»ubUquemeuty, au nom de cette liberté d(^ conscience qu'il se (aisaU irloire de soutenir ' .
«^ Thurloe, Sta4é-Papera, jt. II, p. 406 ;— Whitelocke, p. 593;— J.Walker, Sufferinga of the CUrgy ofthe Church of England, p. 194; —rheLife of jacmy Taylor (Londres, J815;, p. 81;— T/ie l»/e uf D' H. Hffvimonri, hxj J: Fell ^Hcdesiast. htibgraphy^ I.ond. J8I0), t. V, j». 373, 374;— r/ie /»/•«• of Archbinhop Uaher, p. 75;— Biojr. Bri7. t. VI, p. 4078.
155i CONDUITE DE CKOMWELL
Quand il ne s'agissait ni des catholiques ni des épiscopaux, quand le débat se passait entre les sectes diverses qui avaient toutes pris part à la révolution, Cromwell
était plus hardi dans ses propres maximes; il protégeait efficacement \ les ; uns contre les autres les presbytériens , les indépendants , les anabaptistes, les millénaires, les sectaires de toute sorte, leur rappelant qu'ils avaient été naguère persécutés tous ensemble et qu'ils se devaient mutuellement charité et appui. Et quand il était obligé, pour faire cesser des désordres politiques ou des scandales révoltants, de réprimer les emportements d'un mysticisme insensé ou licencieux, il gardait encore, envers les principaux des sectaires égarés, de grands ménagements, toujours attentif à rester avec eux en rapports assez intimes pour qu'ils se crussent toujours ses amis ou ses obligés. Vers la fin de l'année 1655, les Quakers, et en particuher George Fox, leur .fondateur, avaient été, dans divers comtés, l'occasion de troubles graves : « Ces gens-là, » écrivait le major général Goffe à Thurloe S « trompent ici beaucoup d'âmes « simples, et répandent dans les églises de mauvais li- « vres contre le Protecteur; j'ai quelque envie de « mettre ce Fox et ses compagnons aux fers, si j'en « trouve l'occasion. » George Fox alla à Londres et pénétra jusqu'à Whitehall. Cromwell le reçut en faisant sa toilette ; le valet de chambre qui l'habillait, Harvey, avait eu avec les Quakers des relations, et servit à Fox
1 Le 10 Janvier 1655.
d'introducteur : «J'eus a^ec le Protecteur un lou^ eu- « tretien, » raconte Fox lui-même; «je lui expliquai ce « que moi et les amis nous avions été conduits à penser « concernant Christ et ses apôtres dans les temps an- « ciens^ ses ministres et ses prôtres de nos jours; je « l'exhortai à vivre dans la crainte de Dieu, par où i! « recevrait de Dieu la sagesse , guide nécessaire pour
« toute personne souveraine il se comporta avec
« beaucoup de modération, disant plusieurs fois, à uie- « sure que je parlais : —ceci est bien ; ceci est vrai. — « D'autres personnes arrivèrent, des i)ersonnes de qua- « lité, comme on dit ; je me retirai. Il me prit la main « et me dit, les yeux humides : —Reviens dans ma « maison; si toi et moi nous passions ensemble une « heure par jour, nous serions bien plus près l'un de « Tautre; je ne te veux pas plus de mal qu'à moi-même « el à mon âme; » et il renvoya George Fox content, se contentant lui-même d'une promesse écrite que lui donna le Quaker de ne rien faire contre son gouvernement. Il est difficile de démêler ce qu'il pouvait y avoir d'émotion vraie dans ce langage : le poète Waller, sceptique libertin et un peu parent de Cromwell, qui vivait aussi avec lui en grande familiarité, rapporte qu'il se trouva quelquefois dans le salon de Whitehall quand le Protecteur y recevait quelqu'un de ces pieux enthousiastes, et qu'après les avoir affectueusement congédiés, Cromwell revenait à lui en lui disant : « Cousin Waller, a il faut parler à ces gens-là leur jargon : reprenons (c notre entretien. » Quoi qu'il en soit, par ces bons pro-
154 COJSl>UlTK IXfcî CRaMWîLL
cédés pei^sonoels et ces épa^chefi^efxts syi|if)atfak{ues^ Çromwell jcetenait à l^i les sec4^es> et^ m^ofeei eu les réprimant, conservait toujours, au fendr^ leur ceiiAst^ce çt leiu* appui*.
Il entreprit aussi de s'^^urer la bienyeîltan,e^ et le concour&d'une autre clause d'hoBam^es, très-imp€^j«ls^îre, très-mé-prisée, ^ors d'état à^ niiâre> loais q^ pouvait servir, les juifs. Us avaient été expnl^s* e» masse d'Anr gl^terre, en 1290., par 1^ roi Éjt45>Wïtdi !*•% çt ^piiï^ ^te éppqiii.e^ iis. y ét^Q,t tîort peu upmb^^çiifx, sajpss ai^-cufi lieB soçi^l^ sans t^xis;^en/c^ reco^supu^- pojr 1^ j^ii^ Gepieiidianil Çrom^ell^ depuis qu'il étaJ^t puissant ^ savait avec des jjuifs, soit d'Augteterr^, soit du co^^nent, dfasse« %équents ra^ppor^s. Vu jour, pendant qu^'i^ étaiit eo: coppiver^ sa^on s^vec lord (frogbill, on vint Tavertii: ç^'im i»ij«*i|iu demandait à lui parlçi^ ; sur çon ordjç^ immédîM^ tin vi^iHaJçd mal vêti^ et de ma«v|vaise mine- ei^tra^ e^ le Pçor lecteur s'entretint quelques moments à part a(Vee luÀ. C'était un iuifqp venait ViiOforp^er qu^ le gou;veijneaient e^a,gnol, s^veç qw Grona^seU était ^ur 1^ ppiftt d^entrer- Qi^ gueçre,. 5tyait fc^it cba»Fgei? uii4i s^iîisane cw^Wérahte, eiajvosée en f 1^4r% sur un i^yib'e madfcbâniiholftindiiis qw devait l^jjijtot passer près 4es cotes tfAngteterFe. CjoR^v^^U pjQfttp: ^ layi^ et ai ij3direct@Dife$â»t saisir le na^vijfe. Pçoli^lemest les }\\fff> Itii avaieiiit déjisi renàa
1 Thurlo^, S-lMiler-ffap^S;, tj.IV, p. ifyiii,-^Ca,Tfyl^,GromweWs Let- Icrs andS^eeche.^ t.. H, p. 469, 377.; — Wajleii's Lif^,. eu tôte çfe ses poésies, <5*ans la cblléôtion intitulée : The Works of thc Englixh Pbcts {M vol. in-8", Lo«(îî'c«, imO^, t.VIil, p. 12-. ^
KNVEKS Li:s JlIKS .105.-),. l.V.
^Iiis d*urie fois^ soit comme espions^ soit dans ses besoins d'argent, d'utiles st»rvia's. Il parait môme (pie sa renommée, sa destinée, son caractère avaient éiuu leiu* imagination à ce point que quelques-uns d entre eux, tentés de le prendre pour le Messie qu ils attendaient, étaient allés dans le comté de Huntingdon [tour recueillir en secret, sur sa famille et sa généalogie, des reaseignements précis. Enoctolue I0r>r>, un jui( d'origine portugaise, mais établi en Hollande et l'un des chefs de la synagogue d*Amslc»rclam, Mc»nasseli-beu-lsrael, arri,>a en Angleterre et publia un pauipblet intitulé : « Humble a advesse au Proiecteur en t^veur de la nation juive. »> 11 y demandait formellement, pour les juifs, l'autorisalion de s'établir en Angleterre, d'avoir à Londres une synagogue, un cioietière, d'y jouir de la liberté du coqimerce, du droit de jiiger entre eux leurs procès, sauf à recourir eu appel aux tribunaux du pays, et la révocation djes anciennes lois contraires à ces privilèges. Ni l'idée ni même la démarche n'étaient tout à fait nouvelles : frappé des paroles de tolérance et de lilierté religieuse <iui retentissaient en Angleterre au milieu (les IrouJbles. civils, AU^nasseh-beurl^rael a^ ait déjà (jeuiaijKié, d'îjjjord au Long Parlement, puis au Parlei>it?nt Barcbone, uju passe-port poui* venir à Londres tenter son desseiiji. Miai^ il n'avait donné à ceye velléité aucune suite, rorauti^ç jiut^ Manuel iMartinezDormido, avait aussi, l'année précédente, présenté à Cromwell ime pétition dans le même but, et Cromwell l'avait ren\oyée au conseil d'État avec cette note : « S. A. recommande spécî^lpî?KMit ces pa-
150 CONDUITE DE CHOWWELL
« piei*sà la pi-ompte considération du Conseil.» D'autre part, pendant la guerre avec la Hollande, l'importance etFactivité des juifs avaient été fortjremarquéesîdes officiers anglais; en 4654., les trois commandants de la tlotte avaient, dit-on, engagé le Protecteur à recevoir cette nation en Angleterre pour y attirer le commerce*; et lorsque Menasseh-ben-Israel eut formé publiquement sa demande, le major général Whalley écrivit à Thurloe* : « Il me semble qu'il y a de fortes raisons poli- « tiques et religieuses pour que nous admettions les « juifs à vivre au milieu de nous; certainement ils ap- « porteraient dans cette République beaucoup de ri- « chesses, et puisque nous prions pour leur conversion « et que nous croyons qu'elle arrivera, je ne vois pas « pourquoi nous leur en refuserions les moyens. » On dit aussi que les juifs promirent à Cromwell, si leurs demandes leur étaient accordées, ime somme considérable, deux à trois cent mille livres sterling. .C'était un grand acte à accomplir, en vertu d'une grande idée, peut-être dans un grand intérêt. Cromwell s'y porta avec chaleur : il convoqua à Whitehall une conférence composée de jurisconsultes, de négociants de la Cité et de théologiens, les chargea d'examiner les propositions de Menasseh, et présida lui-même à la discussion. Elle fut longue et animée : la conférence, qui comptait vingt-sept membres, se réunit quatre fois. Les jurisconsultes furent en géné-
» Le 16 octobre 1654.
• Le lî décembre 1655.
KNVERS LKS .UIFS. ir,7
rai iavorables aux jiiifs^ les négociants incertains et plutôt contraires, les théologiens divisés. Selon les uns, l'admission légale des juifs^ de leur société et de leur culte^ serait un péché scandaleux et dangereux pour les chrétiens; quelques autres, moins rigides, se montraient disposés à tolérer les juifs, sous certaines conditions restrictives ou humiliantes. CromwcU parla en lein* faveur, et, selon le dire d'un témoin des déliais, avec beaucoup d'éloquence; mais il ne surmonta ni les arguments des théologiens, ni les jalousies des négociants, ni les préjugés des indifférents, et voyant que la conférence n'aboutirait point à ce qu'il désirait, il mit tin à ses délibérations. Puis, sans accorder aux juifs l'établissement pubUc qu'ils sollicitaient, il autorisa un certain nombre d'entre eux à habiter I^ndres où ils bâtirent une synagogue, acquirent le terrain d'un cimetière, et commencèrent sans bruit à former une sorte de corporation dévouée au Protecteiu* dont la tolérance faisait toute leur sûreté*.
Vers la même époque, les vues élevées et libérale^ de Cromwell se déployèrent avec plus de succès, dans une plus nationale épreuve. Depuis l'explosion, et surtout
* Whitelocke, p. 633;—Thurloe, State-Papers, t. II, p. 652; t. IV, p. 308, 321;— Bâtes, Elenchus motuum, etc., part. II, p. 371; — The Life of Oliver Cromioell, p. 320, 321; — Banks, Critical Review ofthe Life of Oliver Cromirell, p. 207; — Neal, Hiat. of the Puritans, t. IV, p. 126; — Cromwelliana, p. 154; — Echard, Hisi. ofEngland, t. II, p. 779 ;— Ellis, Original Lettert, 2^ senes, t. IV, p. 3-7;— Harleian Tracts, t. VII, p. 617; — Burnet, Hiat. de mon tempx, t. I, p. 153-155, dans ma Collection.
158 (CONDUITE DE CROMWELI.
depuis la fin de la guerre civile, les universités d'Oxfortl et de Cambridge étaient, tantôt sourdement, tantôt ouverlemeni attaquées. Dévouées à la cause du roi et de l'Église, elles subirent, en i6Al et 1649, un premier coup qui frappa lès personnes plutôt que les institutions; leurs chefs et leurs professeurs toyalisles et épiscopaux furent remplacés par des presbytériens ; mais le fond même des deux établissements resta à peu près intact. Sous la République, et surtout après l'expulsion du Long Parlement, quand les sectaires indépendants furent partout les maîtres, la question devint beaucoup plus grave ; ce fut à la nature et à Texistence même des universités qu'on fit la guerre. Ces grandes écoles où les jeunes gens destinés à prêcher la loi chrétienne étaient instruits en même temps dans les lettres anciennes et mondaines, et en commun avec les jeunes gens destinés aux proiFessions du monde, ces institutions qui subsistaient par elles-mêmes et se gouvernaient par des règles fixes, cet çmpire de la science humaine et de la tradition choquaieiit violemment les principes rehgieux et les passions démocratiques des plus ardents sectaires: ils ne voulaient ni de ces études païennes polir former les prédicateurs chrétiens; la lecture des livres saints et les inspiratiohs de la grâce divine y devaient suffire; ni de ces dotations permanentes et indépendantes où vienait â'élevér un clèt-gé doté et indépendant à son tout; les ministres de la religion devaient être choisis par les fidèles eux-mêttles, et constamment à la disposition de leur croyance et de leur volonté. Trois sectaires, longtemps
ENVKHN LES l NIVERSITÈS. 159
cbapelains dans rarmée, William Dell, William Erbery et John Webster, se mirent à la tête de cette croisade contre les deux imiversités : Il est difficile dcdéterminer jusqu'à quel point le Partement Barebone, avant son abdication, était entré dans leurs vues, et ce qu'il e\A fait pour les seconder; ce (Jui est certain, c'est quil ne s'agissait de rien moins que de la vente des biens des universités et de leur complète abolition. On vit, dans renseignement public, la môme lutte que dans l'Église et dans l'État, le mysticisme individuel et la démocratie absolue aux prises avec la tradition organiséiû et l'aristocratie fondée. Ce n était plus la rivalité de deux Églises se disputant les bénéfices et les chaires; c'était la guerre
à tout l'ancien système d'éducation nationale, guerre poursuivie par des ennemis mortels, ûcliarliés à détruire Ce qu'ils appelaient « les camps de Caïn, les synagogues de Satan et les palais de l'Antéchrist *. »
Cromwell, à Tàge de dix-sopt ans, avait passé un an à l'université de Cambridge ; ett 4051, il avait été élu chancelier de l'université d'Oxford. Son esprit était grand à force d'être juste, pénétrant et profondément pratique ; fen même temps que l'utilité sociale de ces hautes écoles lui étall évidente, leur beauté intellectuelle lui plaisait. U comprit que leur ruine serait pour son pays Une décadence et pour lui-hiênie un déstion-
1 Godwin,lfw^ oftheCommomcealth, t. IV, p. 86-104; — Ecfaard, Hist. ofEngland, t. II, p. 705; — Clarendon, Hist. of the ReheUion, 1. XIV, c. 19, 20; — Huber et Newman, The English UniversiUes (Londres, 1843^, t. II, p. 12-16, 42^i.
ItîO COXDUITE J)K (a<OiMWELI.
neur, et il les prit sous sa protection. Pour les défendre contre leurs ennemis, il y fil entrer quelques hommes, naguère. sectaires passionnés eux-mêmes, mais qui s'étaient attachés à sa fortune et rangés sous son in- - fluence, entre autres deux de ses chapelains, Thomas Goodwin et John Owen *, tous deux hommes de talent et de conduite habile; et il fit, du dernier, son vicechancelier à Oxford. Les traditions et les mœurs de l'université reçurent, de cette introduction d'éléments si hétérogènes, quelque atteinte paptielle et momentanée. Owen altéra à Oxford les costumes et les cérémonies ; au lieu de s'astreindre aux anciennes habitudes de son état, il portait souvent lui-même, dit-on, des bottes à l'espagnole, de gros nœuds de rubans aux genoux et un chapeau retroussé. Mais il défendit énergiquement l'établissement lui-même, ses études, ses règles, ses biens; et les universités, avec leur système d'éducation et leurs moyens d'action, furent l'une de ces fortes pièces de la société anglaise que Cromwell sauva des coups de la révolution qui l'avait porté au souverain pouvoir*.
11 ne se contenta pas de les sauver; il prit soin de leur prospérité et de leur éclat. 11 fit don à l'université d'Oxford d'une collection de manuscrits précieux, la plupart grecs, et il y accorda aux études théologiques,
» En 1650 et 1652.
* Wood, Athenœ Oxonienses, t. IV, col. 98, 09 ; édition in-4*, Londres, 1820,