‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 54 sur 150 · EX VERS LES IJETTRE.S · texte numérisé non relu

EX VERS LES IJETTRE.S

notamment à la publication de la grande Bible polyjslotte, par le D' Wallon, d'efficaces encouragements. A Durliam, et pour assurer aux comtés du nord^ qui se plaignaient d'être trop éloignés d^Oxford et de Cambridge, les bienfaits de l'éducation savante, il décréta la fondation d'un grand collège, doté sur les biens du doyenné et du cliapitre alK)lis. Il n'avait pas l'esprit naturellement élégant ni richement cultivé; mais son libre génie comprenait les besoins de Tintelligence humaine, et les grandes institutions d'éducation et de science lui convenaient comme moyens de patronage et de gouvernement ^

Il portait, dans ses rapports avec les lettrés et les savants eux-mêmes, les mêmes dispositions, nulle sympathie de connaisseur, mais une bienveillance pohtique, honorant leurs travaux , tenant coni|>te de leur influence , avide d'être loué, ou défendu, ou ménagé par çux, et les protégeant ou les ménageant à son tour, selon qu'ils étaient de son parti ou du parti ennemi. La plupart avaient compté ou comptaient encore dans les rangs royalistes : parmi les poêles, Cowley, Denbam, Davenant, Cleveland, Waller, Butler, parmi les philosophes et les savants , Hobbes , ('udworth , Jeremy Taylor , Tslier , étaient tous au service , ou favorables à la cause de la Couronne et de l'Église. Cromwell ne s'y trompait point ; mais il se gardait de

• Peck, Memoirs ofthe Life and actions of Oliver Cromwell ; Historical Pièces, p. 60-72 (Lond., 1740) i-Harris, The Life ofO. CromweU, p. 420, 421; — Cromwelliana. p. 156.

les traiter si durement qu'il les eût pour ardents ennemis; s'il les rencontrait dans quelque menée de parti, si même ils Tenaient à être arrêtés, il ne tardait guère à les faire relâcher; s*il croyait pouvoir, par un peu de faveur ou de tolérance, les gagner ou les amortir, il s'y empressait par tous les moyens ; Waller vivait, en cousin, à sa cour; Cowley et Hobbes revenaient de l'exii; Butler méditait dans la maison de Tun des officiers de Cromwell ses grotesques satires des sectaires fanatiques ou hypocrites; Davenant, sortant de prison , obtenait , du dictateur puritain , la permission d'ouvrir , à Rutland-House , un petit théâtre et d'y faire représenter ses comédies. 11 en coûtait, à ces beaux esprits amnistiés ou tolérés, quelques promesses de neutralité politique ou quelques pièces de flatterie poétique; mais après leur avoir imposé ces actes de contrition, Cromwell ne se montrait ni bien exigeant, ni bien soupçonneux. Quand il avait affaire à des hommes graves et tranquilles, il leur témoignait son estime, cherchant à vivre, avec eux, en bons rapports, mais sans prétentions ni fatuité de despote; à Cudworth, qui vivait en sage à Cambridge, il faisait demander, par Thurloe, des renseignements sur les hommes élevés dans cette université qui aspiraient à quelque emploi public; il fit offrir à Hobbes, dont les doctrines pohtiques lui plaisaient, une charge de secrétaire dans sa maison ; Selden et Méric Casaubon furent invités, par lui, à écrire, l'un contre YEikôn basiliké, l'autre l'histoire des récentes guerres civiles; ils s'en

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