H BATAILLE NAVALE ENTRE MONK
rer la réparation des dommages si les troupes ne suffisaient pas à les prévenir * .
Il eut^ peu de jours après^ un de ces coups de fortune qui grandissent et afTermissent les pouvoirs nouveaux^ comme une marque de la faveur de Dieu. Quelque temps suspendue après la victoire remportée par Blake sur les Hollandais^ du 18 au 20 février précédent^ la guerre maritime venait de recommencer^ soutenue par les escadres qu'avait préparées et les amiraux qu^avait nommés le Parlement. Tromp tenait la mer pour les Provinces-Unies, triste et peu confiant , car sa flotte, bien que nombreuse, était composée de bâtiments la plupart faibles et mal armés , mais toujours aussi hardi qu'habile, et ayant Ruyter, de Witt et Floritz pour lieutenants. 11 venait d'escorter un grand convoi de navires marchands lorsqu'il apprit que la flotte anglaise s'était divisée, que Blake avait fait voile vers le nord, et que . Monk et Dean, avec une centaine de bâtiments, naviguaient à l'entrée nord du pas de Calais, entre Ramsgate et Nieuport. Il se porta vers ces parages, et Taction, que les deux escadres cherchaient également, s'engagea le 2 juin avec passion, surtout de la part des Anglais. Aux premières volées de canon , Dean qui , le matin même, préoccupé d'un sombre pressentiment, avait passé, dans sa chambre et en prières, un temps plus long que de coutume, fut frappé à mort, d'un boulet, à
* Carlyle , CromwelVs Letters , t. II, p. 182 ; — Cromiveïlianaf p. 128.
ET TROMP.— MORT DE TROMP (3 juin 1653). 13
côté de Monk, sur le pont du vaisseau la Résolution que les deux amiraux montaient ensemble. Monk jeta son manteau sur le corps de son collègue et poussa ardemment le combat. La nuit sépara les deux escadres qui avaient presque également souffert. L'action recommença le lendemain^ un peu tard^ Tromp ayante sans succès^ employé les premières heures du jour en manœuvres pour reprendre sur les Anglais l'avantage du vent. Il ne savait pas que^ soit par instinct^ soit d'après quelques avis qui lui étaient par\enus^ annonçant une rencontre prochaine^ Blake faisait^ à ce moment même, force de voiles vers le sud, pour venir y prendre part. On entendit tout d'un coup retentir son artillerie sur les derrières de la flotte hollandaise, et, peu d'instants après, un jeune officier , son neveu, le capitaine Robert Blake, perçant avec son bâtiment la ligne des ennemis, vint le premier rejoindre le gros de l'escadre anglaise, aux acclamations des matelots ravis de revoir au milieu d'eux le Roi de la mer, comme ils appelaient Blake. L'énergie et l'obstination de Tromp croissaient avec le danger: animé par ses instances et par ses exemples, l'équipage de son vaisseau, le Brederode, aborda le vaisseau anglais le James, que montait le vice-amiral Penn ; les Anglais repoussèrent vigoureusement les assaillants, passèrent péle-raéle avec eux sur le Brederode, et en occupaient déjà le pont lorsque Tromp , décidé à n'être pas pris, jeta sur des barils de poudre une mèche allumée; le pont du Brederode sauta avec tous ceux qui s'y trouvaient et une partie du bâtiment; le bruit cou-