MEDITERRANEE
armateurs français^ qui^ malgré les défenses du roi^ sortaient quelquefois de ces ports et couraient sur le commerce anglais. En droit et en fait^ la police des mers était encore^ à cette époque^ presque nulle ou impuissante; la paix entre les États n'était points pour leurs sujets mutuels, une garantie de navigation sûre; et les gouvernements ne réussissaient ou même n'aspiraient guère, soit à réprimer eux-mêmes les désordres maritimes de leurs nationaux, soit à les protéger contre des désordres semblables ou contre la répression violente des marines étrangères. Blake usa largement du droit de veiller dans la Méditerranée à la sûreté du commerce ang^s; pour décourager ou punir les déprédateurs, il fit lui-même à son tour^ sur le commerce français , espagnol , portugais , hollandais , bambourgeois, des prises plus ou moins considérables et qui devaient amener, entre les gouvernements, de fàcbeux embarras; mais, par son activité et sa vigueur, il inspira aux négociants anglais une confiance et aux armateurs étrangers une crainte qui servirent puissamment la prospérité et le renom de son pays. Et quand il crut avoir assez fait dans cette vue, il retourna sur les côtes d'Espagne attendre l'explosion de la guerre que devait amener, entre les deux États, l'entr^rise amtre l'Amérique espagnole, et dans laquelle le rôle européen lui était réservé ^
* Robert Blake, p. 389-291 ; — Thurloe, Siate-Pofers, t-.III, p. 85p 921, 487, 698;— Whitelocke, p. 621; -^ Bordeoux àBÎriennê
Vj$ if^t**^$ii 'l^r^ant 31a[a/a. «luelfiuir^^-tiii^ des matel^r^* #fc f#l;ik#f 4#^:#-ndîrenl a l«Te . et reDo.Hitranl #l;in« Un» niifft une \fT(fce*^îon du saint sacrement, au Im;m dr %*Uu:\iuer a^ec rcsfiect. Os se moquèrent avec hrH%{uUi id Uîf^îilU^ Tn |»rê(re indî*;né excita le peuple a M*u\ti'r rhonn<;ur de sa foi; un \ioleot tumnlte s'eni^uWii, et Ur% matelots anglais^ battus^ eurent grand'- \H*m; a reg;tfrner k;ur barque et leur flotte^ où ils rai'tmUwvMif i'Â)mnui il leur convenait^ à l'amiral ce qui venait de leur arriver. Plusieurs fois déjà^ à Lisbonne^ ix Venine et dans d'autres [lorts catboliques^ des scènes m'rnMables avaient eu lieu; dans la perspective de la rupture (|ii'll «avait près d'éclater entre l'Angleterre et l'Knimgnts Mlalce résolut de ne point passer celle-ci sous Hilence. il envoya à terre un trompette, demandant, non |)aH, comme on s'y attendait, que les yiolences de lu populace fuHS(;nt punies, mais que le prêtre qui l'avait exciléiî fût lui-môme traduit en justice. Le gou-- V(U*n(MU* (le Malaga répondit qu'il ne pouvait satisfaire i\ ce ViiMi, car en Espagne les serviteurs de l'Église n'élahud pas Justiciables du pouvoir civil : « Je ne m'inw (|nloU^ pas do savoir qui a droit de m'envoyer l'ôffenu scur, Ini tlt dire Blake, mais si, dans trois heures, il « uVst ims ti boi*d du Saini-Georgey je brûlerai votre « viUo do fond en comlde. » Aucune excuse, aucun iMixi no ùuvul admis ; le pi^dlre fut envoyé à l'amiral.
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MAL.UIA 1(555. l'J-J
Blake fit aussitôt venir les matelots^ et api'ès a\oir écouté les deux récits^ il déclara qu'ils s'étaient conduits avec inconvenance et grossièreté envers les Esi>agnols, et avaient eux-mêmes provoqué Tattaque dont ils se plaignaient : « Si vous m'aviez envoyé sur-le-champ la re- « lation de ce qui s était passé, » dit-il au prêtre, « mes « hommes auraient été sévèrement punis; je ne soufTre « pas qu'ils insultent la religion des pays où ils toii- « chent; mais j'ai été blessé que vous vous fussiez fait « Justice vous-mêmes par la violence; je veux que vous « sachiez et que le monde sache qu'un Anglais ne doit « être jugé que par des Anglais; » et il renvoya le prêtre à terre avec respect. Rare exemple, d'équité et de tempérance dans l'ardeur de la foi et de la force, et au sein de la confusion des droits^ !
Quand Cromvrell reçut la lettre où Blake rendait compte de cet incident, il la porta au conseil d'État et la lut lui-même à haute voix, avec la plus vive approbation : «Voilà, » dit-il, « comment il faut s'y prendre, « et je rendrai le nom d'Anglais aussi grand que l'a « jamais été celui de Romain *. »
Cromwell avait raison d'employer Blake avec confiance, car c'était sincèrement que le marin républicain avait renoncé à se mêler des dissensions intérieures de son pays, pour ne s'inquiéter (|ue de sa grandeur dans
* Burnet,Hi«^ démon leniy», t. 1, p. 175-176, daiib ma ColUvIivn; 'Roberl Blake, p. 301-304.
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PART DE PORTSMOUTH (dbckmbrb 1654). 1»5
monde savait où ils allaient, tandis qu'on le leur cachait à eux seuls. Les deux chefs. Penn et Yenables. n'étaient guère mieux disposés que leurs soldats; Penn^ au fond du cœur^ était royaliste^ et quand il se \it à la tète d'une forte escadre, il fit dire à Cologne que, si le roi était en mesure d'agir et lui indiquait un poste où il pût conduire en sûreté ses vaisseaux, il était prêt à se déclarer pour lui. Venables, faible et irrésolu, et peu attaché à Cromwell, quoiqu'il eût bien servi sous lui en Irlande, fit parvenir à Charles II des ouvertures semblables. L'amiral et le général ne s'étaient point communiqué leur dessein; mais tous deux avaient peu de foi et peu de goût pour l'avenir de Cromwell, et voulaient ménager toutes les chances. Charles, qui n'était ni en état ni en disposition de rien tenter, les engagea à poursuivre, dans l'intérêt de l'Angleterre, l'entreprise dont ils étaient chargés, et à attendre qu'un meilleur temps vînt pour le servir. Ils partirent sans grande ardeur ni confiance, ayant reçu du Protecteur l'ordre de
n'ouvrir qu'à la Barbade ses instructions sur l'objet et
la marche de l'expédition ^
Les matelots avaient raison de croire que le secret était mal gardé : c'était dans l'intérieur même de Cromwell^ et par l'un de ses plus affidés serviteurs, que ^indiscrétion avait commencé. Il employait souvent
« Thurloe, State-Papers, t. II, p. 542, 571-574, 709 ; t. III, p. XI, IQ j — Clarendon, Hisi. of the Rébellion, 1. xv, c. 5, 6 ; — Granvîlle Fena» Mûmofials ofsir William P&nn, t. II, p. 14-18;— Whitelocke, p. 621;— Heath, ChronicU, p. 674, 682.