‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 68 sur 150 · INCERTITUDE SUK LE BUT · texte numérisé non relu

INCERTITUDE SUK LE BUT

pour ses rapports avec le continent^ surtout avec les protestants de France, de Suisse et d'Allemagne, un agent nommé Stoupe, Grisou de naissance et ministre de rÉglise française à Londres, homme d'esprit et dlnirigue, tour à tour théologien, négociateur, pamphlétaire, soldat, sans vertu, sans prétention à paraître avec éclat, mars curieux, actif, avide d'importance cachée et d'argent, et prêt à servir quiconque lui dofanait ces

satisfactions. En entrant un jour dans le cabinet du Protecteur, Stoupe le trouva occupé à examiner attentivement une carte et à mesurer des distances ; il y jeta furtivement les yeux, reconnut une carte du golfe du Mexique, remarqua le nom du graveur et alla le lendemain chez celui-ci pour acheter la carte. Le graveur répondit qu'il ne l'avait pas : « Je l'ai vue, » dit Stoupe; — « en ce cas, ce ne peut être qu'entre les mains du « Protecteur, car je n'en avais que quelques exem- « plaires, et il m'a fait défendre d'en vendre un seul « sans sa permission. » Vivement excitée, la curiosité de Stoupe passa bientôt à l'indiscrétion ; s'entretenant un jour avec quelques personnes de l'expédition de Penn, il dit que, pour lui, il la croyait destinée aux Indes occidentales. Ce propos revint à don Alonzo de Cardefias qui fit appeler Stoupe, lui demanda sur quel fondement il l'avait tenu, et lui offrit 10,000 liv. st. s'il . pouvait lui découvrir le secret de ce dessein. Stoupe, cette fois, ne se laissa pas tenter et donna le change à l'ambassadeur espagnol au heu de le satisfaire. Mais il était en correspondance avec les Frondeurs protestants

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i|tii onloiiraifnl à BniX4»lles le prince de Cninlé, tristement fugitif ei fnierro>ant sans gloire diez les Espagnols depuis que la ruine de la Fron4le ra\ait mis hoi's d état d^étre tour à tour^ dans sa patrie^ un héros et un factieux. Stoupe envoyait à ses correspondants des nouvelles en échange de leurs hons offices; il leur manda sa conjecture sur le but de re\|)édition de Penn ; Condé en fut aussitôt informé et en informa à son tour don Juan d'Autriche qui avait succédé â rarchiduc Léo|)old dans le gouvernement des Pays-B«')s. Mais don Juan ne tint aucun compte d*un bruit dont lambassadeur d'Espagne à Londres ne lui |>arlait |>oint. On y faisait ailleurs plus d attention ; lord Jermyn écrivait de Paris à Charles IP : « Je ne puis m*em|KVher de puiser a quelque espérance dans les rimieurs qui nous arrivent a de toutes parts que la flotte de Cronn^ell a |K)ur « mission une tentative sur Hispaniola; quoique ce « soit au delà de la Ligne^ je ne puis me figurer que les c< Espagnols^ se voyant attaqués sur un \mni si im|K)r- « tant de leurs possessions, restent amis de Tagres- « seiu". » — 0 Je ne compnmds |Kns, » diî^ait un |K'u plus tard Mazarin à Bordeaux % «conunent il est si difticile (K de delà de i)énétrer le dessein de la flotte de Penn, « \u qu'ici où nous en devrions savoir bien moins de « nouvelles qu au lieu où vous êtes, nous avons appris « qu'en (tassant à Saint-Christophe , il s est emlmr-

1 Le 5 février 16î>5.

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