RELATIONS DE CROMWELL
a pourvu qu'il prenne le titre de roi; et alors Sa a Majesté n'hésitera pas à lui faire tout Thonneur que les « rois de France ont accoutumé de faire à ceux d'Àn- « gleterre, et lui enverra aussi un ambassadeur èxtraor- « dinaire pour l'en féliciter, s'il le désire de la sorte M » Refus admirablement flatteur et qui devait séduire Crorawell, bien loin de le blesser*.
Cromwell ne fut ni blessé ni séduit ; il céda sur la question de préséance, mais ne se pressa pas davantage de conclure. Au fond du cœur il penchait de plus en plus vers la France ; il savait bien que la rupture avec FEspagne était inévitable après le coup qu'il était près de fui porter, et la patience avec laquelle elle en supportait rapproche le rassurait sur sa colère quand viendrait Fexplosion. Les offres du marquis de Leyde ne le tentaient pas : sur les deux points auxquels rAngléterre tenait le plus, la libre navigation dans les Indes occideniales et la liberté de culte pour les négociants anglais en Espagne, la cour de Madrid persistait dans son refus. Les paroles de Condé et de ses agents à Londres n'inspiraient à Cromwell nulle confiance : « C'est un étourdi « et un bavard, » dit-il un jour à Stoupé, « et il est a vendu par les siens au cardinal. » Il n'ignorait pas
i Mazarin à Bordeaux (16 janvier 1655); Archwes des Affaires étrangères de France.
* Bordeaux àBrienne (19 octobre, 9, 23 et 29 nov., 14 et 24 décembre 1654; 3, 4 et 14 janvier, 1*' mars, 5 avril, 20 et 27 mai 1655} ; Archwes des Affaires étramgères de Fra/nce {Documents historiqueê, n*» XV).