‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 81 sur 150 · PAMPHLETS DE VANE · texte numérisé non relu

PAMPHLETS DE VANE

comme Cliarles Stuart lui-même, et sommait Gromwell et ses officiers de se convertir à la coterie républicaine qu'ils avaient chassée, ou d'abdiquer ^

11 n'y avait rien là qui donnât à Gromwell de nouvelles lumières sur les dispositions de ses ennemis, ni qui dût le détourner de son dessein. La convocation d'un Parlement fut résolue; les writs^ publiés le 10 juillet 1656, ordonnèrent les élections pour le mois d'août, et la réunion des élus pour le 17 septembre suivant. Une forte agitation se répandit aussitôt dans toute l'Angleterre ; les partis étaient comprimés, mais vivants et prompts à se relever dès qu'un peu de mouvement leur était permis. Le pamphlet de Vane, bien qu'écrit sans verve et sans éclat, était lu avec avidité : c( Il ne (c propose rien moins, » écrivait Thurh^ à Henri Gromwell*, « qu'un nouveau gouvernement, en mettant de a côté celui qui existe aujourd'hui. Au premier mo- « ment, il a été fort applaudi ; mais à la réflexion, on « Ta jugé impraticable et ne visant qu'à la résurrection « du Long Parlement. Tous disent cependant que « Vane doit avoir de bien bonnes espérances puisqu'il « montre tant de courage. 11 faut avoir l'œil très- « attentif de ce côté. » Un second pamphlet intitulé : « Appel aux souvenirs de l'Angleterre, ou un mot

* Le pamphlet de Vane est inséré en entier dans Somers's Tracts, t. VI, p. 303-315, et dans l'Appendice au t. III des Statesmen of theCommomiealth de M. Forster.

2 Le 16 juin 1656.

Oi: ATTkllUKS A VANE ,U>5(V. 21:)

« o|i[K)rtiiii à tous k*s Anglais sur rélectioii des membres « du prochain Parlement, » vint redoubler reJfervescence publique et la sollicitude du [K)uvoir; c'étaient quelques papes simples, pratiques, d'une opposition ouverte et ardente : « Nliésitez pas à vous rendre aux « élections, quoique ce soit le Protecteur (comme on le « nomme) qui vous y appelle ; n'ayez pas peur de recou- « naître par là son pouvoir.... Si un voleur, après vous « avoir longtemps fermé le chemin de votre maison, ff vous laissait tout à coup passer, vous feriez-vous a scrupule de rentrer chez vous?.... » Et après avoir donné aux électeurs les plus énergiques conseils : « Que « vous dirions-nous de plus, chers chrétiens et compa- « triotes? Est-Ce que vos amis emprisonnés ne parlent

« pas? Est-ce que vos voisins bannis ne parlent pas? « Est-ce que vos droits violés, vos biens usurpés, vos c< libertés haletantes ne parlent pas? Est-ce que toutes « nos ruines, au dedans et au dehors, par terre et par « mer, ne crient pas à vos oreilles : au secours! au « secours! TAngleterre périt*?»

Probablement à tort, on attribua aussi à Vanc ce nouvel écrit : quel qu'en fût l'auteur, il produisit le plus grand effet; on le distribuait dans les villes, on le colportait dans les campagnes, on se réunissait pour le lire. Cromwell se sentait de nouveau en présence de cette fièvre populaire qu'il avait, dans le cours de sa

• Thurloe, State-Papern, t. V, p. \2i, 149, 176, 268, 317;— Carte, Ormonâ's Lettergf t. II, p. 100; — Burton, Diar}f, 1. 1, p. cxlv.

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