BIST01RE
« par lesquels la Constitution a été détruite , ont rompu « tout lien entre le prince et le peuple. Aussi, en notre « qualité de représentants du pays, nous venons, aidés « par nos frères de Sicile, et forts du cri d'indignation « générale qui s'est élevé contre le plus détestable des « gouvernements, nous mettre k la tête du mouvement « des Calabres , et déclarer ce qui suit , avec la certitude a d'être les fidèles interprètes du vœu public.
« Nous souvenant de la promesse solennelle faite par « le parlement; dans sa protestation du 15 mai, de se « réunir de nouveau dès qu'il le pourrait, nous croyons « devoir inviter nos collègues à se rendre à Cosenza, le « 45 juin , afin d'y reprendre les délibérations interrom- « pues à Naples par la force brutale, et de placer sous « l'égide de l'Assemblée nationale les droits sacrés du «' peuple napolitain.
« Mandataires du pays, nous appelons autour de nous, « au soutien de la liberté nationale , le patriotisme de la « milice citoyenne, qui, tout en défendant la sainte cause, « saura faire respecter les propriétés et Tordre public, « sans lesquels la liberté ne saurait exister. »
Ce document fut signé par moi et par trois autres députés, et reproduit, d'abord par le comité de salut public de Catanzaro, et plus tard par celui que les députés Casimir de Lieto, Antonin Plutino, et Étienne Romeo, organisèrent dans la première Calabre ultérieure. On doit donc le regarder en quelque sorte comme la base de l'insurrection calabraise, base tout-à-fait légale, en ce qu'elle s'étayait sur la protestation faite par la chambre au moment suprême où elle était dissoute par la forte. Aussi,
je ne saurais trop m'élever contre les signataires de ce dernier acte, qui, oublieux de leur parole, ne s'empressèrent pas de répondre à notre appel. La conduite à tenir par les représentants du pays, à partir du 15 mai, était toute tracée. Leur devoir eût été, ou de se retirer immédiatement dans leurs provinces respectives, pour y appeler aux armes les populations contre un gouvernement violateur effronté de la Constitution , ou de se rendre à Cosenza, pour opposer la voix souveraine d'un parlement libre à l'arbitraire d'un roi parjure. En adoptant l'un ou l'autre de ces partis , ils auraient imprimé un tel élan à l'esprit du pays, déjà si hostile au gouvernement, qu'en rendant celui-ci impuissant, ils auraient évité les malheurs d'une nouvelle collisiou. Cette pusillanimité de mes collègues porta le premier coup au soulèvement des Calabres, si même elle ne fut pas l'unique cause de son issue malheureuse. Dès les premiers jours, ne pressentant que trop ce manque de courage civique de la part des députés, et partant l'inaction des autres provinces, je proposai au comité, dont j'avais été nommé président, de parcourir le reste du royaume, dans la certitude où j'étais de provoquer partout le mouvement que j'avais été assez heureux pour exciter en Calabre. Mais l'avis de mes collègues fut contraire à cette proposition. Ils prétendirent que l'insurrection des Calabres, déterminée par moi, ne pourrait manquer de faiblir, et même de s'éteindre, si je m'absentais du pays. Je crus devoir me rendre à. ce raisonnement, et j'eus tort, car le feu révolutionnaire étant resté circonscrit dans les limites des Calabres, Ferdinand II put envoyer contre nous la plus grande partie de sis forces. En effet,
aussitôt que la nouvelle de l'insurrection de Cosenza arriva à Naples, le roi fit partir sur des bateaux à vapeur un corps de troupes sous les ordres du trop fameux générai Nunziante. Puis, une autre division, commandée par le général Busacca, fut débarquée à, Sapri, pendant que d'autres troupes marchaient par la voie de terre vers Rotonda, sous les ordres du général Lanza. C'était ainsi que des soldats napolitains, dont la plupart avaient été arrachés à la guerre de l'indépendance, s'apprêtaient, par ordre de Ferdinand H, à une lutte fratricide.
Certains que les Calabres seraient attaquées, les comités de salut public de Catanzaro et de Cosenza donnèrent leurs premiers soins à l'armement de corps nombreux de gardes nationaux. Chaque commune fut invitée à envoyer son contingent, et pas une seule ne manqua de répondre à l'appel. Je ne saurais me souvenir sans émotion du spectacle que présenta Cosenza dès les premiers jours de juin. Des détachements de miliciens, armés et habillés de mille façons, mais tous coiffés du chapeau calabrais, arrivaient de toutes parts , tambour en tête et bannière déployée. Cette dernière était aux trois couleurs italiennes. Chaque escouade venait se ranger devant l'hôtel de la préfecture, où le comité était installé, et, en ma qualité de président, j'adressais du haut du balcon quelques mots aux nouveaux venus. Un jour, il nous arriva tout un bataillon composé d'Albanais. On sait que sur différents points du royaume de Naples, et surtout en Calabre, il existe des communes entièrement composées d'hommes de cette race, aussi belle qu'énergique. Établie dans le pays depuis l'époque de Scanderbeg , elle conserve encore au-
jourd'hui sa langue , son costume et ses mœurs. Bientôt, entre la deuxième Calabre ultérieure et la Calahre citérieure, nous comptâmes environ huit mille hommes sous les armes, que nous partageâmes en plusieurs camps, l'un , sous les ordres de Mileti, à Paola, ville maritime, qu'il fallait mettre à l'abri de toute attaque ; l'autre vers la Basilicate , et un troisième en face de la ville de Monteleone, occupée dès le 6 juin par les troupes de Nunziante.
Tout en veillant à la défense du pays , nous songions, non-seulement à son administration, mais au moyen d'améliorer ses conditions d'existence, surtout celles des classes inférieures. Ainsi , nous diminuâmes d'un grand quart le prix du sel, et nous abolîmes l'impôt immoral de la loterie. J'aurais fait beaucoup plus dans ce sens, et dans l'intérêt du peuple, comme aussi dans celui de l'insurrection, mais, je dois le dire, je n'avais pas les coudées franches, mes collègues s'opposant le plus souvent aux larges mesures que je crus devoir proposer.
Le cours de la justice ne fut nullement interrompu, et, faute grave! nous tolérâmes même qu'elle fût rendue au nom de Ferdinand H. L'ordre ne cessa jamais de régner pendant la période révolutionnaire , et les gens du pays m'affirmèrent qu'à aucune époque on n'avait vu en Calabre moins de crimes , sans excepter les vengeances particulières, assez fréquentes dans cette partie du royaume.
Lors de l'installation de la commission provisoire, on avait ouvert une souscription pour subvenir aux besoins du moment, et en quelques heures elle avait été couverte
de signatures pour une valeur de douze à quinze mille ducats. Or, les souscripteurs s'empressèrent de déposer dans les mains du comité de salut public les sommes promises, qui, ajoutées à d'autres , offertes plus tard par de riches propriétaires , le mirent à même de suppléer à la pauvreté des caisses publiques , qu'il avait trouvées presque vides. Cette pénurie du trésor provenait de ce que, dans leur hostilité envers le gouvernement, les provinces répugnaient au paiement des impôts. Malgré cela, le ministre des finances n'avait pas craint de réclamer, nonseulement les sommes arriérées, mais l'avance d'un douzième. Plus faciles que le gouvernement, nous adressâmes aux contribuables une circulaire par laquelle nous nous contentions de leur demander le solde des termes échus, et aussitôt beaucoup d'entre eux s'empressèrent de verser ce qu'ils avaient refusé aux poursuites des agents du fisc.
Obligés de cumuler tous les pouvoirs dans nos mains, nous faisions paraître chaque jour des ordonnances concernant les différentes branches du service public, ainsi qu'un bulletin politique que nous avions soin de répandre dans les communes, à. l'aide d'un journal officiel intitulé : l'Italien des Calabrcs, fondé par moi dès le 4 juin.
Le U du même mois , au matin , je fus averti par le télégraphe que cinq cents Siciliens , sous la conduite de Ribotti, avaient débarqué à Paola, dans la nuit, avec sept pièces de canon! C'était un bien mince secours, très peu proportionné à celui que la Sicile aurait pu et même dû nous prêter dans son propre intérêt; car, en Calabrc, on soutenait aussi sa cause, et il était facile de prévoir qu'une
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fois 1'insurreclion étouffée dans ce pays, les Siciliens se^ raient les premiers à en souffrir. Cependant, l'arrivée de ces alliés impatiemment attendus fut saluée à Cosenza par une joie indicible et des applaudissements enthousiastes. Toute la population alla à leur rencontre , et, revenant avec eux dans la soirée, les accompagna sur la place de la préfecture , où je les haranguai du haut du balcon du palais. Aux mots : Vive l'Italie! par lesquels se termina mon discours, une acclamation immense s'éleva sur la place, tandis que la ville entière s'illuminait comme par enchantement. Pendant une partie de la nuit , des chants patriotiques résonnèrent dans les rues de Cosenza, et les nouveaux hôtes furent accueillis presque tous dans les maisons des citoyens. Le M au matin, Siciliens et Calabrais assistaient, le comité en tête, à un service funèbre célébré dans la cathédrale, en l'honneur des victimes du 45 mai. Durant l'office, le chanoine Miceli prononça un discours brûlant de patriotisme; puis, le service terminé, je me dirigeai vers la chapelle, où étaient déposés les cercueils des frères Bandiera et de leurs compagnons , et j'adressai aux mânes de ces héros des paroles auxquelles répondit le cri unanime des assistants : Honneur aux martyrs, et que leur noble sang soit vengé! Il est bon de rappeler ici que le jour même où les troupes royales rentrèrent à Cosenza, les restes sacrés de ces illustres victimes furent expulsés de l'église, où la vénération patriotique des habitants les avait placés.
Le soir même de cette pieuse cérémonie , Ribotti recevait Tordre d'aller renforcer la position de Spczzano-Albnnese, qu'il importait d'autant plus de couvrir, que la
division commandée par Busacca avait pénétré jusque dans les murs de Castrovillari. Dès l'installation du comité de salut public , nous avions songé à garnir fortement les défilés de Campotenese; mais, grâce à l'ineptie des chefs auxquels ce poste important était confié , les troupes de Ferdinand avaient pu le franchir sans coupférir. Toutefois, le général Busacca ayant commis la faute délaisser ce passage à découvert, de nouvelles bandes l'occupèrent ; et comme les hauteurs de Lungro et les environs de Cassano fourmillaient d'hommes armés, il se trouva bientôt enserré dans un cercle de fer. Ribotti était en face de lui , avec mille hommes environ et sept pièces d'artillerie, et le 22 juin, attaqué par Busacca, il aurait pu non-seulement le refouler facilement dans Castrovillari, mais l'obliger à déposer les armes. Le moment était d'autant plus propice, que Siciliens et Calabrais, animés du plus grand enthousiasme, rivalisèrent d'ardeur dans la poursuite de l'ennemi. Or, au lieu de diriger contre lui une attaque générale , il fit sonner la retraite , et comprima ainsi l'élan extraordinaire de sa jeune troupe. S'obstinant ensuite à conduire stratégiquement une guerre insurrectionnelle, il fatigua ses bandes par des marches et des contre-marches inutiles , et contribua par là à semer dans leurs rangs le dégoût et plus tard le soupçon. Deux circonstances aidaient k ces dispositions; premièrement l'approche de la moisson , qui appelait aux travaux des champs ces masses d'hommes armés , et en second lieu , le caractère essentiellement défiant du peuple calabrais. Malgré cela, la désertion n'aurait pas commencé, sans les menées des émissaires de Ferdinand et l'or ré-
pandu par eux largement. Je ne dois pas taire , à ce propos, que cinq mille ducats furent promis au sicaire qui réussirait à m'assassiner. Averti à temps, je pus déjouer les projets de mes ennemis.
Pendant que deux autres combats , également favorables à notre cause, étaient livrés, l'un dans les environs de Castrovillari , l'autre entre nos avant-postes de Gampotenese et ceux du général Lanza, établis à Rotonda, un beau fait d'armes avait lieu dans la seconde Galabre ultérieure. Mais avant d'en raconter les détails, je dois faire mention d'un épisode qui peindra encore mieux l'excellent esprit qui animait les populations.
Deux fois, une flottille à vapeur chargée de troupes se présenta soudainement devant Paola, et deux fois, nonseulement les habitants de la ville, mais ceux des pays environnants, accoururent en armes sur le rivage, et, par leur attitude menaçante, forcèrent les bâtiments royaux k prendre le large.
Dans la matinée du 27 juin, le général Nunziante sort de Monteleone , avec deux mille hommes , pour attaquer nos partisans postés sur les bords de la petite rivière de l'Angitola. Nos bandes de la deuxième Galabre ultérieure comptaient près de quatre mille combattants, mais elles étaient échelonnées sur une étendue considérable. Aussi, dans l'endroit où commença l'attaque, trois à quatre cents hommes seulement prirent part au combat, qui, quoique très inégal , fut toutefois des plus acharnés; car il dura depuis six heures du matin jusqu'à sept heures du soir, et une poignée d'hommes intrépides disputa pied à pied le terrain aux bataillons de Ferdinand , aidés de
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quatre pièces de campagne. La résistance des nôtres se prolongea depuis les bords de l'Angitola, jusque sous les murs de Maïda. C'était dans les mêmes lieux que le général Régnier livrait bataille aux Anglais en 4806 ; mais cette fois- là, les Calabrais qui prenaient part à l'action combattaient au nom des Bourbons. Les soldats de Nunziante s'avançaient en colonne sur la grande route, précédés de leurs canons, et les Calabrais, postés à droite et à gauche sur le penchant des collines , faisaient sur eux un feu d'autant plus meurtrier, que leurs coups portaient sur des hommes marchant par pelotons. Protégés par les arbres qui flanquaient la route, et connaissant parfaitement leur terrain, les nôtres perdirent très peu de monde, et tirent essuyer à l'ennemi des pertes considérables. On n'ignore pas que les Calabrais sont peut-être les meilleurs tireurs de l'Europe; aussi , aucun de leurs coups ne portant à faux, le soir il manqua à l'appel des troupes deux cent soixante-six hommes! Les Calabrais qui participèrent au combat du 27 juin, avaient pour chef l'un des plus riches propriétaires de Nicastro, François Stocco, qui fit preuve d'un courage extraordinaire; mais, plutôt soldat que général, il ne sut que combattre vaillamment. Il est vrai que les autres chefs ne le secondèrent nullement. Soit par trahison, soit par lâcheté, au lieu d'accourir au bruit de la fusillade, ils restèrent à leur poste, ou s'éloignèrent du théâtre de l'action. Si tout le monde avait rempli son devoir comme Stocco et les siens, c'en était fait ce jour-là du corps de Nunziante. Celui-ci, malgré son succès, ne connaissant pas au juste la valeur de nos forces, ne voulut pas sengager plus avant dans les mou-
tagnes, et, le 28 au matin, au grand étonnement des nôtres, il reprit ses premières positions. C'était le moment où jamais de réunir nos efforts et de prendre l'offensive ; mais la division s'était mise parmi les chefs, tandis qu'une panique, suscitée par une main mystérieuse, s'était emparée de nos bandes, dont le nombre décrut, dès ce jour, a vue d'œil. Elle devint telle, qu'un événement, qui aurait dù ranimer l'ardeur et la haine des Calabrais contre la troupe, ne fit que les glacer de terreur. Le 30 au matin , quelques compagnies de soldats entrent au Pizzo, ville maritime de huit mille âmes, tristement célèbre par la mort de Murât, et qui passait pour être des plus attachées aux Bourbons. En effet, elle avait accueilli les soldais de Nunziante, lors de leur débarquement, le o juin, aux cris de : Vive le roi! Un coup de fusil est tiré sur la place par la tronpe, et aussitôt, à ce signal , les soldats envahissent les maisons, se jettent en furieux sur les habitants et en égorgent un grand nombre. 11 y eut des femmes violées, puis tuées, des enfants écartelés, des vieillards lardés à coups de baïonnettes. M. M u sol i no, député au parlement, et l'un des membres du comité de Cosenza, perdit dans cette horrible boucherie quatre des siens, au nombre desquels se trouvait son père octogénaire, que les sicaires de Ferdinand massacrèrent dans son lit! Non contents de ces cruautés, d'autant plus horribles que rien ne les avait provoquées, les soldais pillèrent et incendièrent bon nombre de maisons. Les mêmes scènes de barbarie sauvage avaient lieu presqu'en même temps dans la petite ville de Filadelfia, où la troupe était entrée cependant sans avoir éprouve la moindre résis-
tance. C'était ainsi que les satellites du Bourbon répondaient à la générosité dont les Calabrais avaient fait preuve quelques jours auparavant, en renvoyant sain et sauf k Monteleone un espion sur lequel ils avaient trouvé une lettre adressée par Nunziante à Busacca.
La nouvelle des atrocités commises à Filadelfla et au Pizzo soulevait à Cosenza une indignation profonde, lors* qu'une dépêche, écrite par Ribotti le 1 er juillet, me fut remise. Il m'annonçait que, dans la nuit même, il évacuerait sa position de Spezzano, et il motivait cette résolution inattendue sur la dispersion des masses postées dans les défilés de Campotenese. Cette dispersion, disait-il , ouvrant un libre passage aux troupes du général Lanza, permettrait bientôt la jonction de celui-ci avec Busacca. Cela n'était malheureusement que trop vrai; mais le général Ribotti n'aurait pas dû quitter pour cela la forte position qui lui avait été confiée , car elle était la clé de Cosenza, et par conséquent des Calabres. Je le sentais si bien , que , dans la crainte du fâcheux événement de Campotenese, j'avais ordonné la marche de nombreux détachements sur Spezzano, qu'il fallait conserver à tout prix. En effet, au moment même où Ribotti battait en retraite sur Cosenza, des hommes en armes accouraient de toutes parts vers la position qu'il abandonnait, contre mes prescriptions les plus expresses. Je reçus sa dépêche dans la nuit, et aussitôt j'envoyai à Ribotti l'un des membres du comité , et le colonel Longo , pour lui enjoindre de rétrograder immédiatement sur Spezzano. Mais, alléguant la désertion de quelques compagnies de Calabrais et le découragement des Siciliens, il ne tint aucun compte
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de mes injonctions , et le 2 juillet il était à Gosenza. Une explication très vive eut lieu entre nous, le soir même, eu présence du comité et des principaux chefs, tant Calabrais que Siciliens; et j'allai jusqu'à menacer Ribotli de le traduire devant un conseil de guerre. Mais, avant tout, il était nécessaire de prendre promptement un parti , car la route de Cosenza était au pouvoir de l'ennemi , et cette ville, par ses conditions topographiques, n'était pas susceptible de défense. Après une longue discussion, on décida de battre en retraite sur Tiriolo , position des plus fortes de la deuxième Calabre ultérieure, et d'où l'on pouvait agir à la fois sur cette province et sur celle de Cosenza. Le 3 juillet, vers deux heures, nous partîmes donc de cette ville; mais auparavant je crus devoir publier la proclamation suivante :
Aux Itabilanls de la Calabre cilérieure,