‹ Histoire de la révolution d'Italie en 1848Chapitre 16 sur 37 · BIST01BE · texte numérisé non relu

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« tous sont assez heureux pour se soustraire à l'ennemi. »

La lutte querAutriche soutcnaitsi péniblement en Italie, et l'agitation de plus en plus grande de Ha Hongrie, ainsi que d'autres provinces de l'empire, inspiraient au gouvernement de Vienne les plus sérieuses inquiétudes , et si la guerre de l'indépendance avait été conduite avec une habileté égale au courage déployé par les soldats, si tout le monde avait fait son devoir, nul doute que la cause italienne eût triomphé. 11 suffît, pour se convaincre de l'abattement profond dans lequel était tombé , à cette époque du mois de mai, le cabinet autrichien, de se reporter à la .note adressée alors a lord Palmerston, par M. Hummelauer, pour réclamer l'intervention de l'Angleterre.

Après avoir posé les bases de l'intervention réclamée, à savoir : la suzeraineté de l'empereur sur le royaume Lombardo- Vénitien , qui recevrait une administration distincte , dont les conditions seraient réglées par les représentants du royaume eux-mêmes, sans intervention du gouvernement impérial , avec un ministère italien et un archiduc vice-roi, une armée nationale, la plus grande liberté commerciale possible; la réunion du duché de Parme, de Modène même à la Lombardie, et celle de Plaisance au royaume de Sardaigne, M. Hummelauer s'exprimait ainsi :

« Les bases ci-dessus indiquées prouvent incontesta- « blement la sincérité du gouvernement impérial , d'au- « tant plus qu'en ce moment, à l'exception de Venise et « de la forteresse de Palma-Nova, nos troupes sont malce tresses de tout le territoire vénitien. Le maréchal Ra- « detzki est sur le point de recevoir des renforts qui lui

« permettront d'aller chercher l'armée piémontaise; le « Tyrol allemand est tout entier en armes , et le Tyrol « italien parfaitement assuré; et l'allocution du pape, en « date du 29 avril, vient justement de paraître et de « constater la perfidie avec laquelle on a abusé de son « nom et de son autorité pour échauffer le fanatisme de « la population.

« Si , malgré ces circonstances, qui sont en notre fa- « veur, nous avons recours à l'amitié de la Grande-Bre- « tagne, cest parce que nous attachons un grand prix à « la prompte solution de toutes ces complications. Le « cabinet anglais doit savoir mieux que nous quelle est « en France la marche des choses. Nous regardons l'ex- « plosion de la France comme inévitable, et peut-être « comme prochaine. L'invasion de nos provinces par une « armée piémontaise et par les troupes et les bandes du « reste de l'Italie, est calculée pour attirer la France en a Italie. Si demain les Français passent les Alpes et en- « trent en Lombardie, nous n'irons pas à leur rencontre. « Nous commencerons par garder notre position à Voce rone et sur l'Àdige. Si les Français viennent nous y « chercher, nous nous retirerons vers les Alpes autri- « chiennes et lisonzo, mais nous n'accepterons pas de « bataille ; nous ne mettrons pas obstacle à l'entrée et « aux progrès des Français en Italie. Ceux qui les y ont « appelés feront pour la seconde fois l'épreuve de leur t intervention. Personne ne viendra nous chercher der- « rière nos Alpes, et nous demeurerons spectateurs des « conflits dont l'Italie sera le théâtre. »

Pour tenir un pareil langage , il fallait que l'Autriche

sentît tout Vembarras et le danger de sa position. Combien est-il à regretter qu'on ne l'ait pas compris aussi bien en France qu'en Italie, et surtout qu'on n'ait pas su mieux en tirer parti!

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