‹ Histoire de la révolution d'Italie en 1848Chapitre 5 sur 37 · M HISTOIRE · texte numérisé non relu

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vait ni ne voulait s'écarter en rien de la ligne suivie pendant des siècles par ses prédécesseurs. Ainsi, tenant essentiellement aux prétendus droits de l'église au patrimoine de Saint-Pierre, il devait être nécessairement ce qu'avaient été tous les autres papes depuis le siècle de Charlemagne, l'ennemi acharné de tout principe et de tout fait pouvant les mettre en danger. Par suite, il était forcé de regarder d'un œil hostile l'indépendance, l'unité nationale et la liberté de l'Italie, car la première ne saurait être obtenue qu'au détriment de l'Autriche, c'est-a-dire de l'ancien et fidèle appui de la papauté, et les deux dernières sont faites pour amener irrévocablement la ruine, Tune du pouvoir temporel, l'autre du pouvoir spirituel du pontife. La première condition de tout état libre étant une liberté de dis- 1 cussion pleine et entière, le gouvernement auquel aspire l'Italie ne peut qu'être fatal au catholicisme, qui, fondé sur le principe de la foi aveugle, est, en effet, diamétralement opposé à celui du libre examen. Et qu'on cesse de nous objecter la co-exislence en France du catholicisme et de la libre discussion ; car, il ne faut pas s'y tromper, la France n'est catholique que de nom. A part un petit nombre de croyants sincères, qui rejettent à priori tout raisonnement, elle est ou d'une profonde indifférence en matière de religion, ou elle va tout aussi loin, peut-être même plus loin que le protestantisme, quoique sous une forme orthodoxe.

Il ne faut donc point s'étonner de la conduite tenue par Pie IX, depuis son avènement au trône pontifical jusqu'à son monitoire du r r janvier 4849, ni même de son attitude actuelle. Elle trouve son explication dans la nature même

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de l'institution qu'il représente. Aussi, ce n'est pas à lui qu'on doit s'en prendre, mais à la papauté, élément délétère pour l'Italie, et dont celle-ci doit se délivrer à tout prix. Cela ne veut pas dire qu'elle doive porter la moindre atteinte à la liberté religieuse, droit sacré, auquel personne au-delà des Alpes n'a jamais songé k s'attaquer, et que l'éloignement du pape ne mettra aucunement en péril. Les idées religieuses, par cela même qu'elles sont des idées, ne sauraient souffrir en rien de la translation, quelque part qu'elle eût lieu, du siège de la papauté. Personne n'ignore que pendant soixante-douze ans les pontifes rési derent à Avignon, et je ne sache pas que le catholicisme en soit mort. Et qu'on renonce à cette objection banale que Rome sans le pape n'est plus Rome, car jamais la ville éternelle n'aura été entourée d'une plus vive splendeur, que le jour où, la papauté ayant fait place à une Assemblée nationale et à un gouvernement central Italien, elle sera l'auguste métropole d'un grand peuple.

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