‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 117 sur 254 · CHAPITRE III. I9J · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. I9J

ses à tous citoyens « de se réunir et rassembler, d'une manière plus particulière que les autres jours, pendant ceux des ci-devant dimanches et fêtes de l'ancien régime; )) — prohibe « tous bals, danses, vogues, festins et jeux publics, à peine contre tous les contrevenans d'être punis comme perturbateurs de l'ordre public; » — défend par conséquent « à tous hôteliers, cabaretiers, cafe- || tiers, limonadiers et traiteurs de ce district, de I donner à boire et à manger les jours des ci-devant î dimanches, fêtes et vogues, excepté aux étrangers ï et voyageurs; » — recommande enfin l'observa- ^ tion des fêtes décadaires, en ajoutant que « ceux qui négligeroient d'assister dans le temple à la I lecture des loix et aux instructions des officiers t municipaux seront dénoncés aux autorités et punis suivant la rigueur des loix. »

Ce curieux spécimen de la liberté démocratique , est signé par Dalban, vice-président \ Cherel le JEUNE, Blanc et Dumas, adminisU^ateurs ; Hum- » BERT, agent national^ et Thomachot, secrétaire (1).

(i) Arrêté du Directoire du district de Chatlllon-sur-Chaîaronney portant mesures répressives contre les assemblées fanatiques tenues les ci-devant dimanches^ fêtes et vogues, et contre V inobservation des fêtes décadaires. Afliche, — L. O'B.

Des arrêtés semblables sont publiés dans la plupart des communes. Celui du district de Gex, daté du 3o messidor, et consigné sur son registre, est à peu près formulé dans les mêmes termes.

Quelques jours après, l'agent national du même district transmet aux officiers municipaux de son ressort une circulaire du Comité de salut public, du 6 messidor, et leur accorde un délai de dix jours pour s'y conformer. Il s'agit de faire entièrement disparaître les « signes de royauté et de féodalité » sur les monuments publics et autres. « Si ce délai raisonnable, ajoute-t-il, vous laissoit en arrière de votre devoir, je me verrois forcé à des mesures qui, quoique pénibles pour m.on cœur, n'en seroient pas moins d'accord avec ma responsabilité et ma surveillance. Je dois même vous dire que la moindre peine que vous encourriez, seroit de voir arriver à vos frais des administrateurs vérificateurs et des ouvriers pour mettre ordre à tout ce que vous auriez négligé. )>

Citons maintenant les points essentiels de la circulaire du Comité de salut public :

Il existe encore sur les monumens publics des vestiges très visibles de la servitude dont la République veut effacer jusqu'au souvenir; par exemple, le relief des fleurs-de-lys a été détaché ; mais l'œil républicain s'indigne encore d'en apercevoir la configuration et les linéamens. Les armoiries ont disparu, mais leurs attributs figurent encore d'une manière trop reconnoissable sur les murs qui en étoient souillés... Il faut que tous les signes de féodalité soient enlevés, de manière qu'il ne paroisse pas seulement qu'ils aient jamais existé ; il faut que l'empreinte et la nuance de la pierre n'en puissent rappeler la mémoire ; il faut qu'une

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