‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 119 sur 254 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

constante disposition de la servir ; et vous ne vous vengerez du soupyon injurieux de perfidie que par une plus grande fidélité...

Dans la prospérité, nous avions préparé vos âmes à supporter les revers... Mais, pour que nos maximes pussent opérer en vous des effets salutaires , il falloit qu'elles fussent appuyées de l'autorité de l'exemple. La Providence nous avoit destinés à être pour vous des modèles de constance et de résignation. Nous rendons grâces à Dieu à qui nous sommes redevables de la force qui nous a soutenus... Ne perdez donc jamais de vue, mes chers enfants, les principes religieux qui ont servi de base à votre éducation. Observez fidèlement ce principe simple et sublime : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qui vous fût fait. Faites à autrui ce que vous voudriez qui vous fût fait. » Aimez Dieu par-dessus tout, aimez vos frères, pardonnez généreusement à vos ennemis. C'est en accomplissant tous ces devoirs, que vous établirez solidement en vous le règne de la vertu et du bonheur (i).

Nous avons vu, ch. viii de l'Époque précédente, que des arrêtés du 6 messidor, pris par les Comités de salut public et de sûreté générale, avaient mis en liberté les officiers municipaux de Bourg, sauf Albant, Blanq-Desisles et Frilet, sauf aussi

(i) La Vie domestique, par Charles de Ribbe, 3* édition, t. II. p. 207.

M. de Ribbe a inséré à la fin de cet ouvrage un opuscule de M. de la Bévicre intitulé : Conseils à ma Fille et à mon Gendre. Ces Conseils, écrits en 1797, non moins remarquables par le style que par les pensées, ODt été mis au jour en i865 par un arriére-petit-fils de l'auteur; M. René de Saint-Mauris, ancien élcvc de l'école des Chartes, secrétaire de la rédaction du Polybiblion. 3o\ic plaquette de 32 pages, in-18, imprimée par Louis Perrin 6t publiée par Victor Palmé.

igS DIX-SEPTIÈME ÉPOQUE.

Rollet-Marat et Martine, membre du district et du département.

Ces deux derniers, considérés par les Comités comme présents à Paris, ne quittèrent Bourg en réalité qu'après le 14 messidor; car, à cette date, ils expliquèrent à la Société populaire de Bourg qu'il y avait erreur dans les arrêtés du 6 messidor, qu'ils n'avaient pas été mandés à Paris, mais qu'ils allaient s'y rendre pour se disculper.

A cette séance du 14 messidor, dont le précis se trouve dans le Compte-rendu de Gouly, 3^ édition, p. 377, les Sans-Culottes s'emportèrent contre la décision qui retenait à Paris quelques-uns de leurs frères.

Juvanon dit : Voilà le cas d'une sainte insurrection. Si Vun de fios frères meurt victime des sourdes menées des aristocrates.^ des malveillants et des modérés., nous ferons établir un tribunal révolutionnaire à Bourgs et nous avons les preuves en niains pour y faire périr cent-vingt citoyens de cette commune. Et, à propos des quatre commissaires Baron, Gallien, Gay, garde-magasin et Ducret, serrurier, qui devaient accompagner à Paris Martine et Rollet, il ajouta que si un seul des leurs étoit frappé^ la Société entière qui avoit partagé leurs principes et qui avoit approuvé leur conduite., digne des plus grands éloges, se regarderoit comme atteinte du même coup, et

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