‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 120 sur 254 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

qu'il en résulter oit les plus grayids malheurs, non seulement pour la commune de Bourg, mais encore pour tout le département

Roilet-Marat voulait aussi une sainte insurrection dans le cas où Vun des officiers municipaux actuellement détenus viendroit à tomber sous le glaive de la loi ; assurant que pour lui il périroit avec eux ou les ramener oit.

Laymant, furieux, s'écria que si quelques-uns des officiers municipaux venoicnt à périr ^ ilfalloit jouer aux boules avec les têtes de ceux qui les avoient dénoncés.

Baron et tous les exaltés appuyèrent ces horribles menaces, tandis que les tribunes frémissaient j d'indignation.

Les officiers relaxés, Alexis Morel, J.-B. Baux, ICharles Degrusse, Raffet, Bon, Faguet et Pelley, rentrés dans la nuit du 16 au 17 messidor, et festoyés le 18 dans un dîner fraternel (1) furent natu- Irellement Tobjet d'une ovation à la première séance du Conseil général de la commune, qui eut [lieu le 19 :

Le président, dit le procès-verbal, a témoigné aux ofliciers municipaux revenus de Paris, au nom du Conseil [jénéral, toute la joie qu'il ressentait de les voir rentrer

(0 Ce dîner eut lieu à une heure dans la maison du citoyen Brangier jrès du Bastion ; Méaulle y fut invité (Reg. de corresp. de la commune de Uurg.)

dans son sein, et leur a déclaré que, persuadé de leurs principes républicains, le conseil s'était toujours reposé sur la justice et l'intégrité des Comités de salut public et de sûreté générale, et que l'innocence des citoyens Albant, Desisles et Frilet ne tarderait pas à triompher, comme la leur, des malveiilans qui les ont couverts de calomnies si atroces.

Cette confiance dans la justice des comités fait un peu sourire quand on pense aux pressantes démarches faites par les frères et amis, et appuyées par Amar et Jagot, membres du Comité de sûreté générale.

Puisque les noms de Tex-commissaire de TAin et du député de Nantua se présentent sous notre plume, faisons connaître avec les Mémoires de Sénart comment ces deux conventionnels se com-iportaient au Comité de sûreté générale. On verra qu'ils étaient bien capables de sauver les frères et amis les plus criminels.

Nul homme, dit Sénart, n'était plus dur, plus arrogant, , et plus rebutant que Jagot : c'était un fagot d'épines qui se \ déliait, et qu'on ne pouvait approcher d'aucun côté : il j étoit d'une brutalité effroyable. Si quelqu'un venait parler pour un détenu, il le menaçait aussitôt d'arrestation, il traitait tout le monde de contre-révolutionnaire ; il fit arrêter et guillotiner dans le même jour un secrétaire du Comité accusé par Héron d'un délit dont Héron était soupçonné i lui-même.

Page 1