CHAPITRE PREMIER
Arrivée de Boisset. Couplets en son honneur. Adresse de la Société populaire de Bourg à la Convention. — Vers de Boisset contre les rois et les prêtres. Sa première proclamation. — Arrestation des Terroristes; chanson bressane sur cet événement ; belles strophes de M. de Moyria. — Nomenclature des Terroristes de Bourg et des autres districts d >nt l'arrestation est effectuée ou ordonnée. Suicide de Thévenin-Brutm. Supplique de cinq Sans- Culottes bugistes conduits de Belley à Bourg sous bonne escorte. Autre supplique de neuf frères et amis craignant le même sort. Terroristes en fuite. Femmes de Terroristes mises en prison.
Le citoyen Boisset (i), député régicide de la Drôme, succède à Méaulle, en vertu d'un arrêté Ju Comité de Salut public, daté du i3 thermidor :t signé par Barrère, Carnot, Prieur, Billaud-Vaenne, Collot-d'Herbois et Robert-Lindet. Il arrive à Bourg dans la soirée du 20, soit du 7 août 1794; nous le savons déjà, mais nous le répétons 30ur constater Tallégresse publique. Le nouveau oroconsul est accueilli comme un génie bienfaisant,
i) Jûscph-Antoinc de Boisset, né à Montélimart le 7 octobre 1768.
comme un libérateur. « Le peuple, accablé sous le poids du malheur et de Poppression, dit le Tableau analytique, entoure sa voiture, et la suit jusqu'à ce qu'il mette pied à terre ; sa présence fait succéder à la terreur Pespérance et la joie. — Justice, justice! s'écrie-t-on de toutes parts; nous sommes esclaves, rends-nous à la liberté, et délivre-nous du joug des tyrans. — Dès lors, tous les desseins criminels, sont confondus et renversés... »
Un poète lui adresse les couplets suivants :
Air : Comment goûter quelque repos.
Déjà sur les rives de PAin On n'entendoit que cris funèbres; Les assassins dans les ténèbres Alloient frapper, lorsque, soudain, Boisset paroît comme l'aurore :
Bientôt un jour pur et serein Nous promet un heureux destin Contre l'hydre qui nous dévore (^1*5).
Je viens, dit-il, sécher vos pleurs, O trop malheureuses victimes !
Si vos cœurs sont exempts de crimes, Ils doivent Pêtre de douleur.
Jusqu'ici des mains parricides Opprimoient votre liberté ; Mais la suprême autorité Va punir les liberticides {bis).