CHAPITRE PREMIER
neur aux fidèles sections de Paris ! Mort aux tyrans et aux traîtres (i) !
Notre nouveau dictateur était plus humain qu'Albitte et Méaulle ; il devait Têtre d'ailleurs pour inaugurer un régime plus doux que celui de la Terreur; mais comme eux il avait, dans ses écrits, horreur des rois, des nobles et des prêtres. Des strophes, qu'il composa et fit mettre en musique par Gaveaux, commençaient ainsi :
Prépare, dieu des arts, le burin de l'histoire. Prépare des lauriers et des arcs triomphaux ; Viens ouvrir aux Français le temple de la gloire. Ils ont vaincu les rois et creusent leurs tombeaux (2).
Dans une autre petite pièce, il s'écrie dès les premiers vers :
Eh quoi ! des imposteurs renaît l'affreux empire 1 Quoi, des prêtres encor !... quel est donc ce délire ! Crédules habitans des cités, des hameaux, N'êtes-vous donc point las du règne des bourreaux ? Ne voulez-vous point voir que cette horde impie De menteurs soudoyés, fléaux de la patrie, Ne brise le lien qui vous unit aux lois Que pour vous asservir et vous donner des rois (3) ?
(1) Manuscrit. — C»« D.
L'érudit qui a rédigé cette adresse a mis en marge trois ou quatre extraits de Florus et de Cicéron.
(2) Strophes aux vainqueurs des tyrans, paroles du citoyen Boisset, 'Cprésentant du peuple. Musique du citoyen Gaveaux, auteur et acteur tu théâtre de la rue Feydeau. 4 p. in-8. — H. Gloru.
(3) Eveil contre les Prêtres et les Rois, par Boisset, représentant du teuple, délégué à Lyon. 4 p. in-8. — H. Glouu.
On ne s'étonnera pas, après ces citations, que îes nobles et les prêtres soient brutalement confondus avec les intrigants dans la proclamation suivante ; mais, hâtons-nous de le dire, ce langage, obligatoire alors pour tout homme public, était beaucoup plus sur ses lèvres que dans son cœur.
Liberté. Égalité.
BOISSET
Représentant du peuple .,
délégué du département de VAin.
Citoyens,
Le jour de la justice est arrivé ; la vertu a terrassé le crime et démasqué l'hypocrisie.
Que la confiance renaisse ; que tout acte oppressif soit dénoncé ; que toute sorte de vexations cesse ; la représentation nationale veillera désormais à la défense des patriotes et à la^sûreté commune.
L'exécution des loix révolutionnaires n'est pas Toppression des citoyens ; elle est leur sauve-garde, le garant du succès de la révolution, et l'affermissement de la liberté et de l'égalité.
Mais pour être redevenues l'appui de l'innocence, les loix ne cesseront pas d'imprimer la terreur au crime, et d'assurer sa punition.
Bien loin de réveiller l'espoir de l'aristocratie, la chute des scélérats qui la servaient en feignant de la combattre, est le présage du sort qui attend quiconque osera les imiter.