‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 152 sur 254 · CHAPITRE PREMIER. iSj · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. iSj

Que l'intrigue ne se flatte plus d'intercepter une communication directe et facile entre le peuple et ses repre'sentans ; que l'ambition renonce à ses projets ; qu'enfin tout reconnaisse qu'une république démocratique, un gouvernement populaire ne doivent avoir pour objet que le bonheur du peuple.

Que les nobles, les prêtres, les intrigans, les agitateurs soient éloignés de toutes les fonctions publiques; que Testime soit le gage de la confiance des citoyens pour les autorités constituées, et forme le lien de l'affection mutuelle qui doit les unir.

Magistrats du peuple, dites-vous sans cesse que vous n'existez que par le peuple et pour le peuple, et ne vous occupez que de sa félicité : pendant que les armées de la République taillent en pièces ses ennemis du dehors et achèvent de creuser le tombeau des tyrans, que votre courage se ranime, et que le maintien du gouvernement révolutionnaire fasse pâlir l'aristocratie, et subjuguer tous ses suppôts.

Sociétés populaires, gardiens fidèles du feu sacré de la révolution, achevez votre ouvrage, nourrissez dans tous les cœurs l'amour de la patrie ; soyez toujours l'exemple du patriote et le modèle du vrai républicain : la Convention nationale vous devra d'avoir accéléré la prospérité publique et hâté le fruit de ses infatigables travaux.

BOISSET (i).

Pour répondre à l'impatience du public, le représentant s'empresse de délivrer notre pays du

(i) Affiche. -Ph, L. D.

joug de ses oppresseurs. Dès qu'ils lui sont connus, il ordonne leur arrestation non seulement à Bourg, mais aussi dans les autres villes, Belley, Nantua, Trévoux, Gex, etc. Quelques-uns se dérobent par la fuite, mais la plupart sont jetés dans les prisons qu'ils ont si longtemps peuplées de leurs concitoyens. Les Terroristes de Bourg sont naturellement les premiers mis à Tombre ; on les enferme aux Claristes, le 24 et le 25 thermidor.

Nous donnerons plus loin la liste des incarcérés ; faisons connaître d'abord l'allégresse que répandit la nouvelle de leur arrestation. Dans le recueil cité au commencement de ce chapitre, on lit, p. 10, la chanson patoise que voici :

SAINSON BRESSANDE

fate le 24 thermidor an 2^ à Bourg.

Y'et azeurdi la pie grin fêta Qu'y aye din tui cheu canton ; Y'ét azeurdi que l'on arrêta Tui lou couquin, tui lou frepon.

Is iron à la guellotena Pàyi lu m au qu'i nos in fa ; I faron ena fotia mena An éspyan tui leu forfa.

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