‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 165 sur 254 · CHAPITRE II. 2S · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 2S

« Quelques jours avant le 20 thermidor dernier, la municipalité de Fleyriat reçut du directoire du district une réquisition de fournir une certaine quantité de grains au marché de Bourg. Les citoyens de Fleyriat avoient à peine à cette époque fini leurs moissons. Ils se sont toujours fait un devoir d'obéir ponctuellement aux ordres du directoire. Ils s'empressèrent à battre leurs grains avec leurs femmes, leurs filles et leurs petits enfans, parce que tous les jeunes hommes sont aux frontières; et ils crurent que, dans un si pressant besoin, il leur seroit permis de battre leur blé le jour de la décade, après avoir entendu la lecture des loix; sans quoi et faute de faire conduire du blé au marché, ils auroient été exposés à être incarcérés.

« Notre obéissance devoit donc assurer notre tranquillité, mais le 20 thermidor le nommé G., suivi de plusieurs gendarmes, arriva dans notre commune, le sabre à la main, et du ton le plus insolent, il commanda aux officiers municipaux pour lors assemblés dans la maison commune de le suivre, en prison, sans leur permettre de prendre des souliers et vêtemens, et sans leur donner le temps de fournir du savon à la distribution duquel ils procédoient en ce moment. C'est ainsi que Piou, maire, Convers, Brevet, Veuillet furent enlevés à leurs fonctions en essuyant des menaces et des juremcns horribles.

« G. et sa cohorte se rendirent ensuite dans quelques domaines où ils trouvèrent les habitans occupés à battre et à passer de la paille ; il les enleva aussi sans leur permettre d'entrer dans leurs habitations pour se vêtir et se chausser, en sorte que plusieurs de nous ont été traînés en prison en chemise, pieds et jambes nus. Nous avons passé les uns vingt-quatre heures , les autres quarante-huit heures dans les fers; on a exigé de nous vingt sols outre le prix de notre nourriture 'qui a été très chère, et on ne

nous a pas communiqué l'ordre en vertu duquel on nous a aussi indignement traités.

« Citoyen Représentant, nous te demandons justice contre G., homme atroce qui, en rappelant ses hauts faits, se vantoit, pour don patriotique, d'avoir incarcéré trois cents citoyens. »

C^ette pièce est revêtue de huit signatures; je ne sais qui l'a écrite. G. fut peu après destitué par Boisset.

Une dénonciation d'un autre genre est faite le i^"" fructidoj (18 août 1794). L'agent national de Simandre, pour faire sa cour au représentant, Pinforme qu'il existe encore à la ci-devant chartreuse de Sélignac (ô abomination !) a de grandes statues de saints de six à sept pieds de haut. »

A la même date, un procès-verbal constate les dilapidations de Brou ; en voici le résumé d'après les notes manuscrites de M. de Lateyssonnière.

I" fructidor an 2. Procès-verbal constatant que D., serrurier, a enlevé des effets précieux de l'église et de la sacristie de Brou, sans en dresser un inventaire, notamment un riche manteau ducal. Il avoit forcé des portes pour faire cette opération ; il avoit enlevé des coffrets en or et en argent qui contenoient des sceaux attachés à des parchemins ou qui étoient des reliquaires. Il est dit aussi dans ce procès-verbal que D. et sa femme avoient été très fâchés du 9 thermidor ; que D. avoit vexé de la manière la plus barbare ceux que le, représentant du peuple Boisset

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