‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 171 sur 254 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

qu'à la pitié de leurs concitoyens (i). Bientôt une liste de proscription annonçait que le despotisme inquiet de ces scélérats n'était pas satisfait, et que près de cinquante citoyens ou citoyennes faisaient encore ombrage à leur domination. Mais, citoyen représentant, tu as paru dans le département ; la joie et l'espérance ont ranimé à l'instant tous les cœurs. Mandataire de la Convention, de ce centre qui doit être l'idole de tous les républicains, porteur de ses intentions bienfaisantes, ennemi du crime et protecteur de la vertu, consolateur et vengeur des patriotes opprimés, mais redoutable aux aristocrates et aux intrigans, juste mais sévère; tous les citoyens ont senti la plus douce émotion à la nouvelle de ton arrivée. Les seuls Hébertistes ont gardé le silence; eux seuls pressentant ta justice et craignant ta présence, ont osé dire, en recevant tes ordres, qu'ils ne te reconnaissaient pas encore pour représentant du peuple (2). Les scélérats! ils t'eussent bien reconnu, s'ils t'eussent cru disposé à leur sacrifier de nouvelles victimes (3)...

Boisset réorganisa sans difficultés le district de Belley. Depuis l'incarcération de quelques Terroristes du Bugey, les autres étaient rentrés sous terre ; on n'a pas oublié leur supplique effarée du 26 thermidor. Les honnêtes gens, Rubat, Dumarest, Tendret, Guyonnet, Parrat-Brillat, etc., reprirent le pouvoir; Claude-Anthelme Charcot devint président du Comité de surveillance, et la

(i) Arrêtés du district du 17 messidor et du 19 germinal. (Note de V adresse.)

(2) Propos de Honnet au citoyen Gubian. [Note de l'adresse.)

(3) Au citoyen Boisset^ représentant du peuple en commission dans le département de l'Ain. Belley, Kindelem, 20 p. in-4», sans date. — Ph. L. D.

vente des biens des suspects fut suspendue. Ces mesures réparatrices valurent au proconsul les bénédictions des patriotes opprimés; ce dont témoigne leur adresse du 9 fructidor, vrai dithyrambe à l'égard de leur bienfaiteur et violent réquisitoire contre Bonnet, Torombert et leurs complices. Voici les premières et les dernières phrases de ce document, signé L. Meygret-Collet et imprimé par ordre du maître :

Citoyen Représentant,

Ta justice vient de briser nos fers ! Après six mois de la plus affreuse de'tention, nous sommes enfin rendus à la société et à nos familles. Victimes infortunées de l'intrigue atroce qui, depuis plus d'un an, désole ce malheureux district, nous devons à la patrie, nous devons à nous-mêmes de te faire connaître et d'appeler la vengeance nationale sur la tête de ces hommes coupables, qui ont creusé l'abyme de maux où nous avons été plongés...

Représentant du peuple, homme juste , jouis de ton triomphe 1 C'est le triomphe de la Hberté sur la tyrannie, c'est le triomphe de la vertu sur le crime. Jouis de l'allégresse publique; goûte le bonheur ineffable de faire des heureux. Reçois les bénédictions de tout un peuple qui te proclame hautement le restaurateur de la liberté dans le département de l'Ain.

Transmets à la Convention nationale dont tu es l'organe, le juste tribut de notre reconnaissance.

Vive la République, vive la Convention nationale, vive^ vive à jamais Boisset, notre digne représentant ! [i).

(i) Les Patriotes opprimés par les intrigans du district de 'Belley, au représentant du peuple Boisset, en commission dans le département de l'Ain. Belley, Kindelem, 8 p. in-4«. — Ph. L. D.

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