‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 18 sur 254 · CHAPITRE PREMIER. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. l

Courage, brave Montagnard ; suis la carrière révolutionnaire ; tu trouveras des républicains qui seconderont tes efforts ; continue à prendre de grandes mesures; c'est le moyen d'aff"ermir les bases de la République.

Vive la République ! vive la montagne 1 salut et fraternité (i) !

Les quinze têtes qui tombaient à Lyon, au moment où Roliet-Marat écrivait ces lignes, ne contentaient pas les niveleurs. Il fallait continuer les gi^andes mesures^ c'est-à-dire envoyer à Féchafaud de nouvelles victimes. Tel était le vœu non seulement de l'agent national, mais de tous les Sans-Culottes de Bourg. Nous verrons bientôt leur société populaire l'exprimer sans vergogne. Dès le 27 pluviôse, en dénonçant Gouly à la Convention, ils s'étaient montrés très satisfaits d'Albitte. (( Que penser du danger auquel alloit se trouver exposée la chose publique, dirent-ils, si un représentant patriote, le brave montagnard Albitte, ne fût venu, par ordre de la Convention, remplacer le parjure Gouly, et apporter la joie avec l'espoir dans l'âme des Sans-Culottes (2) ? »

C'était une manière indirecte de plaider en faveur des grandes mesures ; mais cette adresse, revêtue de cent vingt-deux signatures, arriva trop

(i) Registre de correspondance du district de Bourg, 26 pluviôse an II.

(2) Adresses faites par la Société des Sans-Culottes de Bourg-régénéré, chef-lieu du département de l'Ain, à la Convention nationale. Du 27 pluviôse, du 4 et du 7 ventôse. 20 p. in-8. — Pli. L.D.

tard. Quelques bons citoyens avaient pris les devants. Le jour du départ des victimes, ils s'étaient plaints de la barbarie d'Albitte, et les députés de PAin, poussés par Pages et Tardy réfugiés à Paris (i), avaient obtenu de la Convention le fameux décret du 28 pluviôse, qui sauva la vie à un grand nombre de détenus. En voici le texte ; nous dirons, quand nous serons au 7 ventôse, à quel point il exaspéra nos Hébertistes.

Page 1