CHAPITRE IV. 3l
des huissiers de la terre, ce que ses prédécesseurs n'avoient jamais fait. Il fit même démolir un pilastre de l'église pour mieux faire remarquer sa prééminence sur un banc fleurdelisé qu'il avoit fait construire, et savourer à longs traits cet encens d'honneur dont il aimoit à s'enivrer. Il attachoit tant d'importance à cette pompe ridicule qu'il voulut la réserver à lui seul et empêcher la municipalité d'y paroître avec une décoration que les autres corps municipaux de France avoient adoptée. Il ne craignit pas d'emprunter le nom d'un de ses membres pour le dénoncer à ce sujet à l'intendant. Cette perfidie fut dévoilée ; et voyant ses efforts restci- infructueux, il renonça aux honneurs du cérémonial pour ne pas les partager avec d'autres, dans la crainte de se voir éclipsé.
Après avoir ainsi ridiculisé son adversaire, présent et acceptant, le docteur Vaulpré entame le récit de ses méfaits, dont seraient jaloux quelquesans des histrions politiques du jour ; voici le derlier trait :
On frémit encore en pensant aux exécutions horribles lont Lyon a été le théâtre. Eh bien 1 cet homme féroce, insi que les fa-tieux de cette malheureuse cité et Robes- >ierre leur chef, trouvoit qu'on n'y avoit pas fait couler ssez de sang. Il auroit voulu exterminer ceux même que i Commission révolutionnaire avoit absous. Charles-Aimé 'ussieu-Saint-Julien (i), acquitté par ce tribunal, fut arête sans motifs le 26 ventôse, par les ordres de cet homme inguinaire. Après quatre mois de détention, cette victime moccnte fut traduite à Lyon, où elle auroit péri, sans la
tyM (0 De Jiissieu, ancien capitaine de vaisseau, propriétaire ù Neuvilles-Dames.