CHAPITRE IV. 3l
les sociétés populaires, mais ne fut imprimée qu'au mois de prairial :
As-tu donc cru, Michel Humbert, que tu en serois quitte pour abjurer la seigneurie de Maillard, et que le public seroit dupe de la réponse que tu viens de lui lancer? Parce que deux ou trois de tes compagnons de guerre et d'infamie, ayant besoin du même oubli où tu voudrois te plonger, ont osé vanter cet enfant bâtard, à la production duquel on dit qu'ils ne sont pas étrangers, tu comptes avoir déjà triomphé ! Je vais te tirer de ta fausse sécurité; je vais te suivre pas à pas ; je vais pénétrer dans le dédale tortueux où tu cherches à faire perdre ta marche ; je vais montrer que cette apologie est un vrai corps de délit contre toi; je vais prouver qu'au lieu de parer les coups, tu t'es enferré toi-même (i).
Et, en effet, le malin docteur lança sur son patient une terrible douche de sarcasmes et de cruelles vérités. Son factum est d'ailleurs chargé de faits et de notes du plus grand intérêt pour l'histoire révolutionnaire de Ghatillon-lès-Dombes.
Les Terroristes incarcérés avaient jeté des cris de rage et s'étaient adressés à la Convention :omme des victimes. Ils se prétendaient excellents
(i) Réplique de Jean-Marie Vaulpkiî à la prétendue réponse de Michel iuMDERT, ci-devant seigneur de Maillard, ex-agent national près le disrict de Chatillon-sur-Chalaronne, actuellement juge du tribunal séant \ Pont-de-Veyle. Sans Heu ni date, 42 pages in-4", texte serré. — >h. L. D.
3f6 dix-huitième époque.
patriotes ; on les avait injustement traduits dans la maison de justice ; des poursuites étaient instruites contre eux au tribunal criminel, et des supplices leur étaient préparés par le ressentiment et la vengeance. Le Comité de Sûreté générale, trompé par leurs plaintes, s^ était ému et avait consulté Taccusateur public. La population indignée répondit à la Convention, le 25 fructidor :
... Représentans, ces perfides insinuations jete'es au milieu de votre Comité de sûreté générale ne sont que l'effet de la rage impuissante du crime; il n'existe ni procédure criminelle, ni supplice préparé ; tout se borne à l'arrestation de trente -deux individus, dont quatorze de Bourg. Plusieurs d'entre eux ont déjà même été mandés à Paris, il y a deux mois, par le Comité de salut public, qui les a renvoyés à Bourg, pour y être jugés par le représentant du peuple, et demeurer en arrestation jusqu'alors.
Des vols de toute espèce, des dilapidations et des distracr i tionsde deniers nationaux, des abus de pouvoir multipliés, l'athéisme et la dépravation des mœurs, prêches impudemment dans les assemblées du peuple, la Convention avilie, tantôt dans quelques-uns de ses membres, et tantôt tout entière, rmtimité avec les chefs des deux factions scélérates que vous avez récemment abattues, la violation du secret des postes afin de soustraire les dénonciations qui vous étoient faites, l'incarcération de tous ceux qui font entendre aux députés du département de l'Ain les cris de l'oppression, les lettres de ces députés décachetées, la violation des paquets que le Comité de salut public adresse aux autorités constituées et de ceux qu'on lui envoie ; enfin l'attentat à la liberté des fonctionnaires publics qui dé-