‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 187 sur 254 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

tachement et l'union à la Convention nationale ont toujours e'té gravés dans nos cœurs. Faites punir les coupables ; sauvez les innocens. Nous mettons notre confiance entière dans la Repre'sentation nationale qui ne veut que notre bonheur.

Bourg, le 2 5 fructidor, l'an 2 de la République française, une, indivisible.

Suivent les signatures au nombre de 365 (i).

Les habitants de Belley ne s^effrayèrent pas moins que ceux de Bourg des manœuvres souterraines de la faction oppressive. Citoyens Repré- SENTANS, s^ écrièrent-ils :

Serait-il vrai que l'audace des intrigans, des complices d'Hébert et de Robespierre, qui opprimaient le département de l'Ain, et le préparaient depuis dix mois à recevoir le joug de sang de ces nouveaux Catilinas ; serait-il vrai que leur audace s'agite encore du fond des prisons où votre vertueux délégué, le représentant Boisset, s'est hâté de l'enchaîner pour assurer la liberté publique? Serait-il vrai que, plus heureux qu'une foule de patriotes dont ils ont étouffé les cris pendant dix mois, les scélérats soient parvenus, après quelques jours de détention, à circonvenir déjà votre Comité de sûreté générale par leur calomnies ordinaires?...

Ils ont osé, les scélérats, se revêtir encore du masque du patriotisme ; ils ont osé se dire républicains, et persécutés, au nombre de cent, dans les prisons du tribunal criminel ; ils ont imaginé des supplices et des bourreaux prêts, pour attirer sur eux la commisération de votre Comité.

Eh bien ! Citoyens Représentans, trente-trois seulement ont été atteints, non par la justice de Boisset, mais par le

(1) Adresse impiimce à la suite de la précédente.

peuple en masse qui demandait vengeance. Et on ne leur a préparé d'autre tribunal que celui de votre justice suprême.

Mais votre justice frémira à la vue des crimes dont ils se sont couverts. Abus de pouvoir, terreur répandue partout, vols de toute espèce, exportation de numéraire à l'étranger, immoralité profonde, incarcérations arbitraires, menaces d'égorger tous les détenus, etc., etc., tel est en substance le tableau des crimes contre lesquels le peuple de Belley s'indigne, et dont votre sage délégué, le Représentant BoissET, veut assurer le châtiment. . .

Vertueux Représentans, impassibles comme la loi qui émane de vous, approfondissez avec le sang-froid de la sagesse cette question qui nous intéresse tous : Le bonheur du département de l'Ain tout entier ou le triomphe des scélérats qui V asservissaient . Jetez un coup d'œil sévère sur cette portion de la République ; arrachez-la pour toujours au malheur et au désespoir. Vous nous avez promis la justice, vous nous la devez; c'est la justice seule que nous demandons.

Vive la République ! Vive la Convention !

Suivent les signatures au nombre de deux cent cin^ quante (i).

Quelques jours après, la découverte d'une lettre de Jagot fournit à la Société populaire de Belley Toccasion d'un nouveau cri d'indignation contre les faux patriotes. Voici d'abord cette lettre, qui

(i) Le Peuple en masse de la commune de Belley et la Société populaire et républicaine de la même commune à la Convention nationale. Belley, Kindelem, sans date, 4 p. in-4°. — Ph. L. D. ^

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