‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 198 sur 254 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

nous est déjà connue par divers extraits ; elle retrace d'ailleurs les événements que nous avons décrits ; nous ne nous en occuperons pas. Quant au résumé de l'enquête, qui est resté manuscrit, nous allons en donner une idée en indiquant le nombre des griefs et en citant, non les plus graves, mais les plus inédits.

Blanq-Desisles. Vingt et un griefs. S^ : Explique les motifs de son prétendu patriotisme, en disant que si la Révolution ne sert pas sa fortune, il la méprise ; qu'il vouloit devenir riche et puissant ; que le peuple est une machine dont il ne se sert que pour parvenir à ce but. — Fragment du i5^ : Vois, disoit-il un jour à Convers, sur la place des exécutions à Paris, regarde couler le sang; tout bon républicain doit s'y accoutumer et se repaître de ce spectacle avec calme et sang-froid. — 21^ : Gagne 60 pour 100 en changeant contre des assignats une somme de douze à quinze mille livres en numéraire qu'il avoit reçue de l'administration du département pour acheter des draps destinés à l'habillement des troupes.

Albant, maire. Dix-huit griefs. 8° : Il faisoit des propositions indécentes aux femmes des détenus ; il leur extorquoit de l'argent pour leur accorder la permission de leur ■parler ; il leur promettoit de mettre en liberté leurs parens

tes : Canalle, président. Ducrel, Charles, Morellet, Cochet, Bergier aine, Reydellet, secrétaires. Bergier cadet, Charrassin, Quintal, Brangier aîné, Brunebarbe, Chambre-Buget, "Buget, Cocon, Prost-Marion, Despiney, Jean-Paul Chambre et Tii:{et, membres du Comité de correspondance.

Nous avons sous les yeux la copie manuscrite qui fut envoj^ce à la Convention et qui porte sa griffe rouge (44 p. in-folio. — O" D.) ; elle ne diffère de l'imprimé que par la date du 5 vendémiaire et par l'indication marginale de la matière de chaque alinéa.

si elles lui accordoient leurs faveurs et les menaçoit de les faire incarcérer si elles re'sistoient. — i2« : S'est introduit dans le domicile des citoyens et, sous prétexte de perquisition, s'est emparé de chevaux, voitures, argenterie, numéraire, vins, sucre, savon, etc., avec menace d'incarcérer quiconque résisteroit, et cela tant à Bourg qu'à Pont-de- Vaux, Montluel et Montrevel. 18^ : Fait l'aveu qu'il a fait son profit de la somme de 2023 livres que son prédécesseur à la mairie lui avoit remise en lui cédant la place.

Rollet-Marat. Treize griefs. 3^ : Dit à la société populaire que Gouly est un gueux, un scélérat, un agent de Pitt et Cobourg, qu'il falloit le dénoncer pour faire tomber sa tête. Il tenoit les mêmes propos contre toute la députation du département de 1" Ain, l'ami Jagoz excepté. Les témoins 65 du cahier B et 87 du cahier D déposent d'un complot qu'il forma dans la chambre de Convers, d'assassiner le représentant Gouly. — Fragment du p<^ : Va jusqu'à dire qu'il se f. . . des décrets de la Convention nationale, qu'il a des pouvoirs illimités d'Albitte, et menace de faire incarcérer, guillotiner même ceux qui osent lui faire des observations.

JuvANON fils, jeune homme « qui étoit de la réquisition et l'a toujours éludée. » Huit griefs. 4° : Prêche l'insurrection dans le cas oia l'un des officiers municipaux mandés à Paris viendroit à périr ; dit qu'alors il faudroit établir un tribunal révolutionnaire, que tous les citoyens dévoient trembler, qu'il avoit des preuves en main pour faire tomber deux cents têtes. — 6^ : Il se comportoit dans ses fonctions d'administrateur d'une manière indécente, brutale et tyrannique... Il prenoit des arrêtés secrets avec Rollet et Gallien sans les communiquer à ses autres collègues. — Fragment du 8^ : Il recommandoit à Merle qui étoit à

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