‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 199 sur 254 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Paris de voir à tout prix Robespierre, que c'étoit'lui qu'il falloit persuader, que s'il l'étoit une fois, ils ne périroient qu'avec la République. Il écrivoit à son père le 18 thermidor, de faire faire à la socie'té de Mont-Ferme une réclamation en faveur des officiers municipaux mandés à Paris, . de la faire avec force, de parler du fédéralisme, d'envoyer des commissaires énergiques au représentant Boisset. Il ajoutoit : La société de Mâcon nous secondera fortement ; celles de Belley, Nantua, Gex, Ferney, etc., ne nous oublieront pas.

Merle. Sept griefs. ler : Par ses discours incendiaires il a égaré une partie du peuple en lui promettant le pillage. Il étoit le député et le défenseur efficace des intrigans pendant qu'ils étoient en détention à Paris. — 6° : A cherché à corrompre les jurés pour faire guillotiner Verdat Lagrange ; a dit que c'étoit lui qui avoit déjà fait guillotiner à Lyon le frère dudit Verdat, qu'il falloit que celui-ci fût encore condamné à mort et que, s'il ne l'étoit, les jurés qui l'auroient absous seroient dénoncés par lui au Comité de salut public.

Martine. Cinq griefs. 5« : Il disoit confidemment à Laymant, dans un entretien sur leurs amis Hébert et Danton, qu'il étoit mécontent du peuple de Paris, qu'Hébert étoit un patriote pur, et qu'on auroit dû le défendre. Il disoit à quelqu'un qui lui reprochoit de s'intéresser à un aristocrate noble et riche : Je sais tout cela, mais je le ménage

' pour avoir sa fille en mariage ; il faut savoir faire son

I thème en deux façons.

CfiAiGNEAu. Neuf griefs. 5^ : Au mois de juin 1793 Lix style), il vint se plaindre à la société populaire de ce RoUet l'avoit traité de Maratiste, et, pour se disculper

; clc ce reproche, il dit qu'il n'étoit pas un scélérat pour être appelé Maratiste.

Laymant, tailleur. On^e griefs. 4^ : Fait commerce des biens nationaux, écarte tous les miseurs en disant aux uns : Vous êtes des aristocrates, il est étonnant que vous ne soyez pas incarcérés ; aux autres : Pour miser il vous faut des certificats de civisme. Il tenoit ces propos aux habitans des campagnes, se rendoit. adjudicataire à bas prix et revendoit sur-le-champ avec bénéfices considérables. Fort peu aisé dans le principe, il s'est enrichi au moyen de cette manœuvre et malgré la dépense excessive qu'il faisoit pour sa table et son ameublement. — ô» Depuis sa détention, sa femme a recommandé à un citoyen de dire à son mari de toujours soutenir qu'il avoit acheté à Mâcon la vierge en argent qu'il avoit chez lui.

Gallien, piqueur sur les grandes routes. Sept griefs. 5e : Il a dit qu'il alloit solliciter auprès du représentant Méaulle la dissolution de la société populaire pour en former une nouvelle avec les citoyens ignorants, afin de rester toujours en place. — 6« : Il contribuoit aux arrestations arbitraires. Il fit incarcérer Martin, boulanger, et son garçon, parce qu'ils avoient refusé de lui ouvrir leur porte à minuit. — Fragment du j^ : Lorsqu'on lui disoit que la loi ne permettoit pas de démolir les maisons et les pigeonniers, il répondoit qu'il se f de la loi.

Frilet, ci-devant conseiller au présidial. Sept griefs. 5^ : .... Abusa de ses pouvoirs au point de faire apporter à Is maison commune pendant la nuit des balles entières, plel. nés des plus belles volailles qu'il payoit à sa fantaisie. — 6® Il affirmoit qu'il ne s'échapperoit pas trente détenus de: Claristes, qu'il n'y auroit pas grand mal à les tous égorger Le 4 pluviôse, il entra avec Desisles dans la maison de dé tention des Claristes; il monta seul dans la chambre de; détenus. Il prenoit sur une feuille de papier le nom d< chacun et il mettoit en marge de chaque nom, aux uns h

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