CHAPITRE VI
allume la guerre civile, et soutient la faction de tout son pouvoir.
Laissard, curé d'Hauteville. Un grief. Sert dans sa commune les projets des factieux, avilit la Convention, publie que les Jacobins sont plus qu'elle ; invoque, pour devenir juge de paix, l'assistance de Charcot.
SiMONARD, ex-chanoine de Belley. Cinq griefs. — Est le rédacteur de tous les mémoires des factieux. — Il défend la faction dans l'espoir de rentrer en possession d'un bien national dont il jouissoit comme chanoine avant la Révolution.
RicHERAND, de Belley. Deux griefs. — Enfonce les portes pour faire des perquisitions illégales.
Les factieux, ajoute Brillât, s' étoient encore associé dans leurs travaux liberticides les nommés Joseph Roux^ maire des Paroisses, Niogret^ maire d'Hauteville, Volerin et Michaud, de Champagne, Jour dan dit Marchand fin., de Sélignieu.
Tels sont, dit-il encore pour conclure, les individus qui écrivoient naguère qu'ils étoient opprimés., qu'ils étoient les patriotes exclusifs du district de Belley ; tels sont encore aujourd'hui ces caméléons, qui croyent trouver des protecteurs dans le sein de la Convention nationale. Tels sont enfin ces scélérats déhontés qui, du fond de leurs cachots, conservent la criminelle espérance de tromper encore les législateurs; mais la vérité a éclairé leurs forfaits, et les Représentans du peuple, indignés d'avoir été dupes de leur perfidie, n'oublieront pas le caractère auguste dont ils sont revêtus ; ils provoqueront eux-mêmes la justice nationale, etappelleront le glaive de la loi sur la tête de ces monstres, qui n'ont cessé d'outrager le peuple et la liberté.
Les dilapidations commises avaient tellement irrité les esprits qu'il fut procédé par les administrateurs du district de Bourg à des perquisitions chez les citoyens soupçonnés d'avoir retiré des effets et papiers enlevés par les pillards. A cette occasion, M. de Lateyssonnière parle dans ses notes manuscrites d'un homme inoffensif devenu terroriste par peur.
J'ai parcouru, dit-il, le procès-verbal d'une visite opérée chez T., menuisier. On trouva chez lui des discours écrits ; il devoit les lire à la Socie'té populaire. Incapable de les comprendre lui-même, on les lui avoit donnés tout rédigés, tout écrits, et il les avoit signés. C'est un galimatias inintelligible de liberté et de fureurs démocratiques. J'ai connu ce T. ; c'étoit une grande figure pâle, sèche, allongée, bon séide de cinq pieds six pouces, avouant qu'on l'avoit menacé de le rosser s'il ne se faisoit pas terroriste, homme sans aucuns moyens, et redevenu après la révolution ce qu'il étoit avant, un bon homme simple, à qui ses victimes avoient pardonné.
Malgré leur confiance dans la pureté de leur patriotisme, les Sans-Culottes incarcérés n'étaient pas à leur aise. A mesure que leurs amis Bassal, Méaulle et Jagot les défendaient au club des Jacobins et à la Convention, de nouveaux contradicteurs surgissaient pour les confondre. Nçus avons sous les yeux trois écrits reprenant la thèse de M. Bergier avec non moins d'énergie.