‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 205 sur 254 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le premier réfute phrase par phrase les faux rapports de Pex-prêtre Bassal, et donne ainsi le coup de grâce :

Comment Bassal ose-t-il affirmer qu'il n'existe point de preuves contre les individus dont Boisset veut assurer le châtiment ? A-t-il compulsé le secrétariat des Comités de sûreté générale et de salut public ? S'est-il fait présenter les liasses de pièces convictives qui ont été envoyées ?. . . Es-tu trompé, Bassal, par les émissaires des trente-deux scélérats du département de l'Ain, ou mens-tu à ta propre conscience, pour défendre des agens indignes même de la pitié ? Dans l'un et l'autre cas, apprends donc qu'il n'y a jamais eu de conspiration dans le département de l'Ain que pour la liberté, que nous avons toujours été dévoués à la Convention nationale... Eh ! pourquoi veux-tu faire du département de l'Ain un département rebelle ?,.. Fautil calomnier impudemment trois cent mille habitans pour sauver trente scélérats ? (i).

Le deuxième écrit, sous forme de lettre adressée à un représentant de PAin, sanS doute M. Ferrand, rappelle à grands traits la conduite perverse des principaux factieux tant de Bourg que de Belley, et conclut" en ces termes :

Voilà les patriotes du département de l'Ain, en faveur desquels on cherche à exciter la commisération et l'indul-

(i) La Vérité, en réponse aux calomnies dirigées contre le département de l'Ain à la tribune des Jacobins de Paris. 12 p, in-^». — Ph. !.. D. ^

Cet écrit est signé : Les commissaires députés de la commuiiî et de la Société populaire de Helley, BrilLU, marchand de bois et Chavin, cloulier.

gence; je ne dis qu'une partie de leurs forfaits, il faudroit un volume pour te rappeler tous ceux qui sont à ma connoissance; je ne te dis pas que Rollet, l'un d'eux, courant les campagnes pour y jeter l'épouvante, en avoit tellement effrayé les habitans qu'ils se sauvoient par les champs à son approche, qu'il en a une fois fait attacher deux à sa voiture, et qu'il les a conduits longtemps de cette manière. Où en sommes-nous, grands Dieux! si de tels hommes trouvent des apologistes et des défenseurs même au sein du Sénat ?... Je ne conçois pas, au reste, pourquoi deux ou trois députés veulent aller contre le vœu d'un peuple entier, d'un département qui remercie la Convention du bonheur dont il jouit depuis que tous les fripons ne dévorent plus sa substance. En effet, il n'est pas un coin de ce département qui ait réclamé contre l'acte de justice qui les a frappés ; eux seuls disent que les patriotes sont persécutés ; ils veulent donc faire entendre que, dans tout le département, il n'y a que trente-deux patriotes. Ce seroit donner une idée bien singulière de ce département qui a cependant près de vingt-quatre mille hommes sur les frontières... (i).

Le troisième écrit, présenté à la Convention le 10 vendémiaire par un délégué de Trévoux, esquisse le règne de la Terreur dans ce district, qui avait été, au début de la Révolution, « un petit paradis terrestre. »

Ah! quel changement cruel apporta parmi nous ce système de Terreur, qui se répandit tout à coup sur la France

(r) Cette lettre, datée de Fontainebleau 5 vendémiaire an III et signée Roux (le docteur Roux ?) occupe quatre pages dans la brochure qui fait l'objet de la note précédente.

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