CHAPITRE VI. 3Gl
Mais les intrigants dans notre district sont dispersés ou en fuite, et ils ne gagneroient rien à reparoître... Nous les connoissons tous, nous nous méfions à présent de ces sortes de gens plus que des premiers aristocrates...
Continuez, Représentants, à baser la république sur un gouvernement juste et vertueux ; c'est le seul que redoute le crime, le seul qui soit solide, le seul que puissent aimer les Français...
Vive la République une et indivisible I Vive la Convention nationale ! Périssent les factieux de toute espèce ( I ) !
Un cri général s'était élevé de toutes parts contre les coupables espérances de nos Terroristes. Dix sociétés populaires [La Vérité^ p. 5) avaient demandé comme Bourg, Belley et Trévoux la punition des coupables. Les plus compromis, les plus effrayés, Blanq-Desisles, Albant, Torombert, Alexandre Ruf, essayèrent de ramener à eux les esprits et d^exalter le zèle de leurs protecteurs, en publiant la justification de leur conduite.
La tâche était difficile pour Blanq-Desisles, Mais, nous le répétons encore, c'était un habile homme ; il possédait à fond Tart de donner au mal les apparences du bien. Quiconque Hrait sa
(i) Adresse de la commune de Trévoux à la Convention nationale. Trévoux, Pinet, an III, 12 p. in-8. — C'« D.
Cette adresse, accueillie par la Convention avec mention honorable, est suivie d'une lettre de 2o3 citoyens remerciant Merllno, Gouly, Gauthier, Deydier et Fcrrand, d'avoir fait choix de Boisset pour leur département.
loME V. ai
défense avec une connaissance superficielle de son rôle politique, le prendrait pour le plus honnête citoyen, pour le plus sincère patriote. Il est un point cependant que Tex-comédien n'osa travestir, sur lequel il garda un silence absolu, c'est sa participation aux sanglantes proscriptions d'Albitte. Sa conscience d'ailleurs ne fut point troublée par ce lugubre souvenir, si l'on en croit les derniers mots de son apologie :
Je déclare donc, le cœur navré de tout ce qui se passe, mais calme, parce que je ne me reproche rien envers la patrie, je déclare à tous les vrais patriotes, à la République entière, que tout ce qu'on a débité contre moi n'est que de la calomnie la plus noire, et absolument faux... Je méprise tous les vils imposteurs; ma conscience est pure; j'attends ; je ne vois en eux que des ennemis du peuple qui les reconnoîtra et les atteindra tôt ou tard. Je ne connois ni l'intrigue ni l'ambition ; j'attends tout de la justice et de la vérité qui à la fin découvrent tout. J'attends tout des Comités et des braves montagnards qui viennent de sauver la République, et qui veillent sur les patriotes opprimés. Dussé-je être victime de mes ennemis, je saurai mourir en républicain, et je finis par faire des vœux ardens pour une loi salutaire aux patriotes, qui frappe de mort tout calomniateur.
Vive la République (i) 1
(i) Vie révolutionnaire de Blanq-Desisles depuis ijSg, dans laquelle on trouvera la marche du fédéralisme dans le département de. rAin, les causes des persécutions qu'éprouvent les patriotes. Suivie de la lettre de la citoyenne Hurville, belle-mère de Désistes, sur les cruelles vengeances de Varistocratie envers sa famille, dont il a été fait mention aux Jacobins. 32 p. in-8. — C" D.