CHAPITRE IX
Les chefs des séditieux cherchent encore à conspirer dans l'ombre; ils font des amas d'armes; ils accaparent les pantalons et les bonnets rouges; ils font rcparoître leurs moustaches menaçantes ; ils appellent à grands cris la révolte et la guerre. Mais le peuple les surveille. Déjà quelques conspirateurs effrayés de leur impuissance invoquent la clémence contre laquelle ils ont tant déclamé; ils osent faire entendre le mot d'amnistie. Citoyens, ne nous laissons pas toucher par l'aveu de leurs forfaits ; ne nous laissons point séduire par leur repentir trompeur et perfide : la punition des scélérats ou la mort^ tel doit être le cri de ralliement de tous les patriotes de la république
Lorsqu'ils tendront vers vous leurs mains suppliantes, regardez-les : elles sont encore rougies du sang de leurs frères. Croyez-vous qu'ils seront punis par les remords; les brigands n'en ont jamais eu; ils ne se repentent que du mal qu'ils n'ont pas fait. Rappelez-vous que c'est l'amnistie de l'Assemblée, constituante qui a autorisé la glacière d'Avignon, que c'est l'impunité accordée aux égorgeurs d'Avignon qui a donné naissance aux septembrisades de Paris, que c'est l'irnpunité des forfaits du 2 septembre qui a enfanté les noyades de Nantes, les massacres d'Arras, la conspiration de Marseille, les fusillades de Lyon et toutes les scènes de carnage qui ont couvert la surface de la république. Aujourd'hui l'impunité des scélérats amèneroit sur le sol français la guerre civile et tous les maux qu'elle entraîne après elle (i).
(i) Discours prononcé à la Société populaire de Bourg par le citoyen J. Michaud, le tridi de la première décade de frimaire, l'an 3 de l'ère républicaine. 12 p. in-4°. — Ph. L. D.
Ce discours, écouté avec les plus vifs applaudissements, fut impriniti par ordre de la Société populaire et lu au temple de la Raison.