‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 246 sur 254 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Boisset annonce la fin de sa mission par une proclamation datée de Moulins le g frimaire an 111. Il est à 'Bourg le ij. — Le bataillon de l'Es-

' pérance. — Carrier, décrété d'accusation; la Société populaire de Bourg félicite la Convention de cette énergique mesure. — Autre adresse de la même Société au sujet de Boisset, qu'elle regrette et porte aux nues. Celui-ci rend compte à la Convention de sa mission dans l'Ain, Saône-et-Loire et l'Allier. L'agent national Roussel lui écrit avec la plus vive affection et l'entretient des oppresseurs de notre pays. — Date du 2 pluviôse an III {21 janvier lygb) adoptée pour clore la XVI 11^ époque et commencer la XIX».

La mission de Boisset touchait à sa fin. Il avait reconstitué l'administration avec des « hommes probes et instruits. » Il avait rendu à leurs familles d'honorables citoyens, victimes du désordre social et d'animosités particulières. Il avait mis les principaux Terroristes dans Timpossibilité de nuire, et avait fait réunir les pièces de leur procès. L'objet essentiel de sa mission semblait rempli soit dans les départements de l'Ain et de Saôneet-Loire, soit dans celui de TAllier, qui lui avait été confié en dernier lieu. Et, en effet, les proconsuls qui lui succéderont n'auront plus à s'occuper spécialement de nous; la plupart exerceront de Lyon leur prépondérance administrative et ne feront à Bourg que de courtes apparitions.

Boisset, rappelé par la Convention, se trouvaii à Moulins lorsqu'il reçut avis de son rappel ; cai il data de cette ville, 9 frimaire an III, la proclamation d'adieu qu'il adressa aux habitants de TAin, de Saône-et-Loire et de TAllier.

Vous avez été opprimés, leur dit-il; la Convention nationale m'a envoyé pour fermer vos cicatrices, pour vous' rendre à la liberté, à la patrie : j'ai rempli son vœu

Les hommes de sang, les patriotes par intérêt n'auront plus d'influence; leur règne est passé, et la justice est là pour les punir.

Citoyens, j'ai lu dans toutes les âmes, et mon œil a découvert les petites ruses qu'emploient et l'aristocratie et le terrorisme frappé : tout sera déjoué.

Je vous invite au nom du bien public, au nom de la nature trop longtemps outragée, à étouffer les passions serviles, à ne voir que le commun bonheur.

Je vais vous quitter; ma mission est achevée. Rentré dans le sein de la Convention, je lui peindrai votre vertu, je lui dirai co que j'ai vu , et elle applaudira à votre civisme (i).

Avant de retourner à Paris, Boisset revint à Bourg, où il était le 17 frimaire, puisqu'à cette date il apostilla, nous Pavons vu plus haut, la pétition de M"^^ de Meillonnas en réhabilitation de la mémoire de son mari.

(i) Proclamation du Représentant du peuple Boisset aux habitans des départemens de l'Ain, d'Allier et Saône-et-Loire. Moulins, le g frimaire an deux de l'ère républicaine. Erreur d'année, il faut lire an trois, 4 p. in-4«. — C" D.

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