‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 247 sur 254 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Ce même jour, 17 frimaire, la municipalité de Bourg réorganisa le bataillon de l'Espérance. Ce bataillon, dont nous avons parlé dans un autre ouvrage i), comprenait les adolescents de douze à dix-sept ans ; on leur apprenait l'exercice ; ils portaient Tuniforme, et leur drapeau étalait cette menaçante devise : TREMBLEZ, TYRANS; NOUS GRANDIRONS. On lit dans les motifs de l'arrêté municipal :

Que le bataillon de l'Espérance a été désorganisé depuis l'arrestation des intrigans de cette commune, par la raison que la majeure partie des jeunes citoyens qui le composoient répugnent à obéir à ceux de leurs enfans qui avoient un grade dans ledit bataillon ;

Que cependant il est indispensablement nécessaire de former les jeunes élèves de la patrie et les mettre à même de contribuer à l'anéantissement des tyrans et de leurs satellites;

Que la patrie enfin a de grands services à attendre de cette bouillante jeunesse (2).

Dans un discours prononcé à la Société populaire, cette bouillante jeunesse avait demandé des armes et un instituteur pour l'exercer aux évolutions militaires. L'arrêté municipal refusa les armes, promit un instituteur en chef et donna pour instituteur-adjoint un maître à danser nommé

(i) Eludes agronomiques et forestières sur les a-uvres de \arenne de ^enille, p. 436.

(2) Registre municipal de Bourg, séance du 17 frimaire an Ilî.

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Bonange. Le bon sens commençait à reprendre ses droits.

La Convention, qui hésitait à frapper les Terroristes parce qu'elle avait elle-même établi la Terreur, se crut obligée néanmoins de donner cjuelque satisfaction àTopinion publique, en sacrifiant les agents les plus atroces de cet atroce régime : Carrier, célèbre par les noyades de Nantes, Fouquier-Tinville, par ses réquisitoires sanguinaires, Lebon, par ses guillotinades d'Arras. Carrier, décrété d'accusation le 5 frimaire, et renvoyé devant le tribunal de Nantes, expia ses crimes sur réchafaud le 26 du même mois.

Pendant son procès, la Société populaire de Bourg félicita la Convention du châtiment qu'elle préparait à ce monstre, et la pria de promener sur toute la république le glaive redoutable de la justice.

Citoyens Représentans,

Lorsque nous avons appris que Carrier étoit dans les j fers, des chants d'allégresse ont retenti dans nos cités et dans nos campagnes. Les femmes, les enfans, les vieillard?, tous les citoyens s'embrassent et se félicitent comme si j la France venoit d'être délivrée de la peste, de la famine 1 et de quelques-uns des grands fléaux de l'humanité. Déjà le jury de l'opinion publique a prononcé le jugement de ce Phalaris qui commit tant de forfaits qu'un jour l'avenir croira que votre décret d'accusation a frappé plusieurs décrets à la fois. Continuez, Législateurs, à effrayer ces

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