CHAPITRE X
scélérats par l'exemple d'une justice sévère et terrible. Catilina est tombé; que Lentulus, Cethegus et toute la horde des conjurés périssent avec lui. Tandis que votre place est marquée au sommet du Capitole, précipitez de la roche Tarpéienne tous les patriotes à sous-cape, tous les républicains à mitraille , tous ceux qui prêchent la liberté à coups de sabre, et qui boivent le sang du peuple dans des coupes d'or qu'ils ont volées au trésor public. L'intrigue s'agite autour de nous pour sauver les grands coupables, et pour rassembler les débris dispersés de leur autorité sanguinaire. Nous vous dénonçons, Législateurs, une adresse signée par soixante-huit individus de la Société populaire de Mâcon; cette adresse séditieuse est colportée dans nos contrées par les apôtres de la secte jacobine. Semblable à ces mandemens que le fanatisme épiscopal faisoit circuler dans les provinces au moment de la destruction du clergé, cet ouvrage, écrit sous la dictée de la révolte et du crime, est le signal de la guerre que les fripons et les contre-révolutionnaires ont déclarée à la Convention et au peuple
Législateurs, promenez sur toute la république le
glaive redoutable de la justice, et qu'il frappe partout le crime qui lève encore une tête orgueilleuse et menaçante. Les assassins du peuple, qui ont si longtemps opprimé le département de TAin, so-nt encore impunis; leur impunité augmente l'audace de tous les ennemis de la patrie. Accueillez les plaintes des victimes du despotisme qui demandent que le peuple soit vengé
Vive la République, vive la Convention.
Suivent trois pages de signatures (i).
(i) Les Citoyens soussignés composant la Société populaire de la comnune de Bourg et autres citoyens de ladite commune à la Convention lationale. S.l.n.d. 8 p. in-S. — Pli. L. D.
Selon toute apparence, Boisset s'éloigna de Bourg le i8 frimaire. On le regretta vivement-, car, dès le lendemain, la Société populaire, se faisant l'interprète du sentiment général, écrivit à la Convention :
Représentans du peuple,
Gloire à la Convention qui a renversé la tyrannie
au 10 thermidor ; gloire au peuple français, qui s'est rendu digne de la liberté par la haine qu'il a vouée à tous les oppresseurs ; gloire aussi à l'homme vertueux que la représentation nationale a choisi pour nous prodiguer ses premiers bienfaits. ... Boisset a déchiré les pages sanglantes du code de la Terreur ; il a rappelé les lumières dans une contrée où les Vandales de la révolution avoient étouffé le flambeau de la raison et des arts; il a réveillé les tendres émotions de l'humanité dans les âmes comprimées par la crainte et desséchées par la rouille de l'égoïsme; il a consolé les ombres des victimes de la liberté, en appelant la bienfaisance nationale au secours de leurs familles désolées. Inflexible comme la loi, il a mis un frein à toutes les passions ; il a poursuivi tous les crimes ; simple comme la nature, inaccessible à l'intrigue et à la corruption, il a rendu à la morale ce charme qui la fait aimer des hommes, et à l'innocence cette sérénité dont le spectacle épouvante les tyrans
Quand nos vœux le retiennent au milieu de nous,
la loi le rappelle dans votre sein : qu'il aille jouir de votre
estime comme il jouit de celle du peuple Nous avons
vu l'intrigue et le crime sourire au départ de ce représentant courageux; mais que les âmes foibles se rassurent, et que les assassins du peuple renoncent à l'homicide espoir