‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 249 sur 254 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de ressusciter le fantôme inanimé de la Terreur. Le temps n'est plus , où les Carrier et les Lebon défendoient la liberté sous les drapeaux du despotisme, et prêchoient la

fraternité sur les échaiîiuds

A Bourg, le 19 frimaire, an 3 de la République, une et indivisible.

Vive la République, vive la Convention (i).

Cette adresse est suivie de 3 10 signatures parmi lesquelles nous avons remarqué celle de l'historien des croisades.

Pendant son voyage, Boisset tomba malade, dit-on, et plus d^un mois se passa sans que l'on eût de ses nouvelles. Enfin il parut à la tribune de la Convention le 29 nivôse, et rendit compte de sa mission dans les trois départements qui lui avaient été confiés. Voici en quels termes il parla du nôtre :

Citoyens collègues ,

L'audacieux qui vouloit lancer la foudre venoit d'en

être frappé lui-même, quand vous m'envoyâtes dans le département de l'Ain pour réparer les maux qu'avoient causés ses crimes.

La tribune d'une société jadis célèbre, qui creusoit de- Duis longtemps le tombeau de la France, a retenti souvent le dénonciations contre moi ; et du fond du midi, on eut .'impudeur de m'y accuser d'avoir fait arrêter les patriotes i'un pays où je n'avois rien fait encore, et où tout est

(0 Adresse portant exactement le mC-mc titre que la précédente. 8 p. n-8». — (>« D.

libre. Hercule aussi fit crier les brigands et les despotes dont il purgea la terre; vous aussi, vous fûtes dénoncés dans certaines sociétés comme des modérés, des aristocrates, et déjà dans leurs cerveaux robespierristes, les: fripons, les hommes de sang, les terroristes s'établissoient vos successeurs, et imprimoient vos billets d'enterrement.

Il est de mon devoir de vous dire ce que j'ai vu. La Terreur avoit entassé des victimes; des dilapidations ont été commises; des égarés, des hommes habitués à l'exercice du pouvoir, ont fait des crimes; je les ai frappés par l'arrestation. Votre Comité de sûreté générale prendra,; dans sa justice, les mesures qu'il jugera convenables contre des individus en horreur à tous les citoyens, dont les noms sont exécrés, à qui on reproche la mort de quatorze pères de famille (i) traduits des prisons de Bourg à l'échafaud de la Commission temporaire de Lyon. Le voile est déchiré; le tableau des crimes des agens de Robespierre : osez le fixer, et vous frémirez d'horreur.

Dans l'Ain, un agent national fait attacher un malheureux agriculteur, père de famille, à la queue de son cheval, et le traîne sur la terre une demi-lieue, lui démet une épaule... Quel est ce monstre ? Rollet dit Marat... Qu'avoit fait ce malheureux agriculteur? Sonné la petite cloche pour annoncer l'arrivée de l'agent national et rassembler le conseil de la commune de Cézériat... Sonner cette petite cloche étoit, pour Rollet dit Marat, un signe de contre-révolution, de réveil-fanatisme.

Le génie, les lumières, les talens, le riche, le pauvre, l'ouvrier, l'agriculteur, la vieillesse et l'enfance gémissoient dans les cachots

Le peuple de l'Ain, qu'on a tant calomnié, tant tyrannisé, et qui ne mérita jamais de l'être, ce peuple m'a

(i) Voir le nombre exact à la fin du précédent volume.

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