‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 6 sur 254 · X OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

X OBSERVATIONS

a est : Qu'est-ce que Von me fera ? Tout le monde dit que « les municipalités n'osent rien ordonner parce que per- « sonne ne les soutiendroit. Je sais bien qu'il est difficile « que vous vous fassiez une idée des désordres que je « vous peins et que je prévois ; je voudrois que vous « prissiez un congé d'un mois et pour votre repos et pour « vos amis, et pour venir juger dans les provinces de la « nécessité d'étayer sur-le-champ votre ouvrage qui n'a « plus à craindre que l'anarchie.

« Le clergé est sans empire ; le moyen du fanatisme « est usé ; ne redoutez plus les prêtres, ils ne peuvent « rien. Je ne crains qu'un seul malheur : s'ils s'avisent « de montrer du mécontentement, ils se feront mettre en « pièce ; ils ont si peu d'empire qu'on les a chassés d'une « grande partie des assemblées primaires sur le simple et préjugé que les journalistes ont répandu contre eux; « on s'est même porté à des menaces excessives à l'assem- « blée du canton de Cézéria ; six ou sept curés qui y « étoient ont été obligés de s'enfuir. L'armée du clergé « ne pourroit être aujourd'huy que l'armée de quelques « vieilles dévotes et de quelques moines supérieurs de « leur maison. Notre municipalité vous aura sans doute t rendu compte de leur opération aux Jacobins ; c'est là a où j'aurois voulu de la force pour punir des moines « récalcitrants, et donner un exemple de l'obéissance que « l'on doit aux décrets ; mais ils ont été indociles, inso- « lens, et ils restent impunis.

« Le militaire et l'ordre judiciaire doivent consolider la « constitution ; mais j'ai toujours peur que le comité mi- « litaire se laisse trop aller à l'esprit d'adoucissement qu'on 0 apporte à toutes les loix. Il y a dix ans que je me suis « permis d'écrire plus fortement qu'aucun militaire que je « connoisse contre les corrections manuelles, contre la

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