OBSERVATIONS. XI
n mauvaise forme des conseils de guerre et contre le desft potisme arbitraire des colonels, qui faisoicnt même périr K des hommes sans être obligés de rendre compte de leur « conduite. Je fus menacé de la Bastille pour avoir écrit « mon livre, et vous avez dans l'Assemblée nationale les « hommes qui me blâmèrent le plus. Ce sont ces hommes, « les plus grands apôtres de la discipline allemande, il y « a i8 mois, qui, tombant aujourd'huy dans un autre « excès, vont peut-être trop relâcher les liens de la disa cipline. C'étoit faute de connoître les hommes et de « savoir les mener qu'ils abusoient du pouvoir en leurs « mains. Dieu veuille que, les connoissant mieux aujour- « d'huy, ils prévoyent la nécessité d'une obéissance pas- « sive dans le militaire ! L'espèce d'hommes dévouée aux « armes et par leurs mœurs et par l'objet auquel ils sont a destinés, ne peuvent être gouvernés par des loix aussi « douces que celles qui sont faites pour les autres « citoyens. Dans l^société, la punition du crime ou de « la faute commise peut être tardive ; pourvu qu'elle soit « sûre, elle rempHt l'objet. Dans le militaire, il faut que t rien ne puisse retarder l'obéissance; il faut que la puni- « tion marche en même temps que la faute, ou tout est « perdu ; car, au lieu d'avoir dans un régiment une force « publique, on pourroit avoir en un instant douze cents a révoltés. Là, toutes les fautes ont le danger de la con- « tagion subite ; c'est une législation criminelle qui doit « donc être particulière. Je sens que cette réflexion choque « le philosophe , mais elle n'en est pas moins vraie, « parce qu'à vrai dire, le métier de la guerre, le métier € militaire est un métier contre nature, dans lequel il « faut presque toujours que le chef seul raisonne et « réponde de ses actions; souvent il est obligé au secret, « il est même des occasions où il doit marcher à une