CHAPITRE VII
Sans-Culottes ajoute : « On reprend la discussion sur le nom à'Epidor à changer en celui d'Épïdain. Chaigneau quitte le fauteuil (il présidait) et monte à la tribune pour appuyer la motion du citoyen RoUet, et le nom à'Épidain est généralement adopté au lieu de celui à'Epidor. En conséquence il est arrêté que la municipalité de cette commune a substitué [sic] le nom à'Épidaùi à celui de Boin^g (i). »
Tous ces noms passèrent, et celui de Bourgs qui ne fut jamais entièrement abandonné, prévalut. Son appendice de régénéré^ qui fut plus vivace, disparut aussi le 24 pluviôse an III (12 février 1795). A cette date le Conseil général de la commune, sur Finvitation de la Société populaire, décida qu'il serait enlevé de tous ses cachets, par le motif « que ce mot est déshonorant pour la commune, dont la masse des citoyens a toujours manifesté son attachement à la liberté et à l'égalité et son respect pour la Convention nationale. ))
La Montagne de la Convention s'était divisée en deux partis : celui des Hébertistes et celui des Dantonistes^ l'un disposé à la violence, l'autre à la modération, le premier tenant aux Cordeliers, le
(i) Registre de la Société populaire des Sans-Culottes de Bourg.
Il8 SEIZIÈME ÉPOQUE.
second aux Jacobins, et tous deux gênant l'acvon des Comités de Salut public et de Sûreté générale. Robespierre, qui aspirait à dominer, attaqua successivement les Hébertistes et les Dantonistes, en exploitant habilement la rivalité des Cordeliers et des Jacobins.
Les Hébertistes succombèrent les premiers. Mis en jugement au nombre de dix-neuf, dont les principaux étaient Hébert, le rédacteur du père Duchesne^ Ronsin, Vincent, Dubuisson, Momoro et Anacharsis Clootz, l'orateur du genre humain, leur procès commença le i^^ germinal et se termina, le 4, par leur supplice (24 mars 1794). On leur prêtait le projet criminel d'ouvrir les prisons, de livrer la représentation nationale à la fureur des scélérats et la république aux horreurs de la guerre civile. La Convention, dans sa proclamation du 2 germinal, les accusa de vouloir ramener l'ancien régime : « Le plan d'une contre-révolution sanglante étoit préparé... Quelques intrigans, masqués en patriotes, avoient conçu le projet insensé de faire rentrer la plus belle révolution dans le chaos d'où tant de sacrifices du peuple, tant de travaux de ses représentans, tant de courage de ses armées l'ont fait éclore (i j. » C'était faire beaucoup d'honneur aux Hébertistes que de les supposer
(i) Proclamation de la Convention nationale au peuple français. Paris, imprimerie nationale. 12 p. in-4''. «— Recueil Vezu, au G'« D.