‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 81 sur 254 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

qu'ils ont renié leur secte. De là un surcroît de discorde dans la Société populaire. La séance du 23 germinal est tellement orageuse que le secrétaire se dispense d'en rédiger le compte rendu. Celle du lendemain n'est guère moins bruyante. Dorfeuille et Millet se mettent en frais d'éloquence pour ramener les dissidents. Albant, Duclos, Gailien, Frilet, Chaigneau et d'autres montent successivement à la tribune et cherchent à se persuader qu'ils sont les gens les plus unis et les plus honnêtes du monde. Enfin Dorfeuille, pour affirmer la pureté républicaine de la Société, propose d'envoyer une députation de deux membres au Comité de Salut public. Les citoyens Merle et Duclos sont nommés par acclamation, et Juvanon leur trace leurs devoirs dans l'arrêté suivant qui n'est pas moins applaudi :

Du 24 germinal, l'an II de la République une, indivisible et de'mocratique ;

La Socie'té , considérant qu'il est instant pour la cause de la liberté, de détruire auprès de la Convention les calomnies qui lui parviennent sans cesse contre les meilleurs patriotes...

Considérant qu'il est possible que la Convention et ses Comités soient abusés sur le compte de la Société et la pureté de ses principes, puisqu'une adresse, qu'elle a faite à la Convention , pour la féliciter sur le nouveau courage qu'elle venoit de développer et le triomphe qu'elle venoit de procurer à la liberté par l'anéantissement d'un nouveau

genre de conspirateurs, n'a pas encore été mentionnée dans son Bulletin ;

Arrête qu'elle députe à Paris auprès de la Convention et des Comités de salut public et de sûreté générale les citoyens Merle et Duclos^ deux de ses membres, et qu'elle les charge expressément :

jo De manifester combien la Société a applaudi aux efforts généreux de la Convention pour la liberté et l'égalité, faire régner la vérité et disparoître le crime , démasquer tous les traîtres et éclairer leurs traces ;

2° De développer la conduite qu'a constamment tenue la Société formée au milieu des orages du fédéralisme, composée de tous les vrais Sans-Culottes^ que les malveillans avoient cru égarer ou séduire, mais dont le cœur ne s'étoit jamais écarté de la liberté et de l'égalité, et qui, instruits par l'expérience du passé, habiles à distinguer les vrais des faux patriotes, ne forment aujourd'hui qu'un faisceau, que les intrigues ne désuniront plus ;

3° De retracer les crimes que le fédéralisme avoit commis dans le département, le courage héroïque des citoyens qui ont bravé dans ce temps-là tous les dangers pour rester fermes dans leur attachement à la Convention et ont essuyé les plus horribles persécutions, les intrigues que les fédéralistes n'ont cessé de faire jouer depuis que la Convention, s'élevant au-dessus d'eux par la force de ses vertus et celles des sans-culottes , avoit enfin pris le parti d'épurer la République de cette race infâme dont l'existence étoit une conjuration perpétuelle contre la liberté.

40 De lui montrer comment les lâches ont voulu tirer parti en leur faveur du nouvel effort de la Convention pour la vérité et la vertu, en s'attachant à dénigrer et peindre comme les détracteurs et les ennemis de la Convention ceux qui seuls avoient tout osé pour la défendre lors-

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