CHAPITRE VIII
qu'ils conspiroicnt contre elle, et en essayant de soulever le peuple contre ses meilleurs amis, qu'ils ont désignés, en y comprenant le brave représentant Albitte, comme des Hébertistes dans des placards et lettres anonymes astucieusement affichés et répandus ;
50 De demander à la Convention le prompt examen de tous les détenus afin de débarrasser le sol de la République de ceux reconnus dangereux et de rendre à la liberté ceux qui seulement égarés ou séduits peuvent encore la servir; la Société voyant dans ces maisons de détention la source de tous nos maux, le foyer de la corruption et de l'intrigue, l'espoir de tous les conspirateurs ;
60 Enfin la Société charge ses commissaires de renouveler à la Convention l'expression de sa reconnoissance pour le bienfait qu'elle a rendu à ce département en leur envoyant le représentant Albitte qui, après avoir formé l'esprit du peuple à la liberté, s'occupe sans relâche à assurer son bonheur sur les bases de la justice et de la probité.
La Société arrête que le présent sera remis à ses commissaires signé de tous ses membres, imprimé et adressé à toutes les sociétés populaires de la République (1 ).
La mission de Merle et Duclos ne détourne pas Forage qui menace nos Hébertistes. Leur dénonciation par Gauthier-Murnand a produit son effet. Le Comité de Salut public, par un arrêté du 29 germinal (2), mande à Paris la municipalité de Bourg. Dans la nuit du 1^=^ au 2 floréal, on saisit à domicile et Ton fait partir immédiate-
(i) Registre des Sans-Culottes de liourg, séance du 24 germinal an II. (2) Date inscrite sur le registre municipal, séance du 2 floréal an II.
l3o SEIZIÈME ÉPOQUE.
ment le maire Albant^ l'agent national de la commune Blanq-Desisles et les officiers municipaux Raffet, Degt-usse, Morel, Faguet, Pelleta Bon père et Baux,
L'officier municipal Frilet, que Ton trouve à Revonnas, est amené le 2 floréal à Bourg d'où il est expédié à neuf heures du soir sous bonne escorte pour rejoindre ses collègues. A leur arrivée à Paris, tous sont enfermés dans la maison Languedoc.
Dès le 2 floréal, le Conseil général de la commune pourvoie à l'administration provisoire en chargeant le citoyen Laymant des fonctions de maire et le citoyen Brangier de celles d'agent national.
Le même soir, à la Société populaire, Chaigneau dit que la municipalité n'aura pas de peine à se justifier. Millet avoue cependant que les officiers municipaux « ont peut-être à se reprocher des paroles peu sages et quelquefois une sévérité prise pour dureté par des personnes qui ne connoissent pas le fond de leurs cœurs... Espérons, ajoute-t-il, de les revoir paroître semonces et plus réservés dans leurs paroles et dans leurs actions qui avoient le bien pour objet. » Dorfeuille confesse aussi en les défendant, le 6 floréal, « qu'ils se sont grandement écartés de leurs devoirs, qu'ils ont eu le plus grand tort de décacheter une lettre du Co-