CHAPITRE VIII. l
cause, leur civisme , leur inte'grité, leur humanité et leur courage à propager les bons principes.
Nous osons donc, citoyens représentants, vous assurer qu'ils sont irréprochables. On pourra peut-être leur imputer une erreur ; mais à coup sûr elle prendroit sa source dans un excès de zèle et dans la nécessité de comprimer les malveillans et de découvrir leurs trames. L'erreur peut surprendre les vrais patriotes, mais avec la pureté de cœur et d'intention que nous connoissons à nos frères, nous sommes certains qu'il n'y a que la calomnie qui puisse les présenter comme criminels. C'est encore là un nouveau piège tendu par l'aristocratie aux patriotes.
Rendez-nous donc, citoyens représentans, le plus tôt possible des frères qui continueront à travailler sans relâche avec nous à propager les vrais principes de la République et qui nous aideront à garantir la patrie des écueils sans cesse nouveaux dans lesquels la malveillance voudroit nous entraîner. Notre courage ne nous abandonnera jamais ; mais il recevra une nouvelle force du triomphe qu'obtiendront nos frères de votre justice.
Vive la République ! Vive la Convention nationale ! Vive la Montagne et les bons sans-culottes 1
Signé : Chanron, secrétaire; Laymant, Canalle, Martine^ Juilliard, Peingeon, Oddolay^ Albant cadet, Hugon cadet, Pochon^ Vermandois^ Barquet^ Collet, L'Hermite, Alègre^ PocJion, Gallien, Rossand^ Juvanon, Chaigneau , etc., etc., etc. (i).
Cette adresse était à peine signée lorsque parut un violent décret de la Convention contre les ennemis de la République. Ce terrible décret des
(i) Reg. de la Société populaire de Bourg, séance du 6 tioréa) an H. Tome V. 8
l34 SEIZIÈME ÉPOQUE.
26-27 germinal portait, art. 26 : « Si celui qui sera convaincu désormais de s'être plaint de la révolution vivoit sans rien faire et n'étoit ni sexagénaire ni infirme, il sera déporté à la Guyane. Ces sortes d affaires seront jugées par les commissions populaires. » Nous citons cet article pour caractériser la tyrannie démocratique. Le suivant se rapporte plus directement à notre récit. Art. 5 : <( Le Comité de Salut public est expressément chargé de faire inspecter les autorités et les agens publics chargés de coopérer à T administration. » Plusieurs signataires de l'adresse (une quinzaine) craignirent de se compromettre, en gênant l'action du Comité de Salut public à Tégard de nos officiers municipaux, et biffèrent leurs noms sur le registre (i).
En même temps que la Société populaire s'adressait à la Convention, Dorfeuille et Millet écrivaient au Comité de Salut public, ce qui résulte de la mention ci-après sur le registre, séance du 7 floréal : « Dorfeuille et Millet lisent une lettre qu'ils ont adressée en faveur des officiers municipaux à tous les membres du Comité de Salut pubHc, où ils démontrent combien sont patriotes ces officiers municipaux et combien sont excusables les erreurs qu'un zèle ardent leur auroit fait
(i) Reg. de la Société populaire de Bourg, séance du 7 floréal an I.