‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 85 sur 254 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

commettre. Cette lecture est vivement applaudie. »

Malgré ces complaisantes recommandations, il fallut du temps pour passer Téponge sur l'administration des inculpés (i). « La nuit du i6 au 17 messidor, dit le manuscrit Badon, Raffet^ Degriisse^ Morely Faguet^ Pellet, Bon et Baux sont arrivés à Bourg et ont été renvoyés de Paris à leurs fonctions. Desisles et Frilet sont de retour à Bourg le 16 thermidor. » Le Comité de Salut public garda donc les premiers sous les verrous deux mois et demi et les deux autres un mois de plus. Quant au maire Albant, il fut retenu près de cinq mois soit dans la maison Languedoc soit dans la prison du Plessis. Le Comité de Sûreté générale ne le mit en liberté que le 29 fructidor an II, et à sa sortie de prison, il ne put quitter Paris ; il fut mis en réquisition par le Comité de Salut public pour travailler de son état de serrurier à Tatelier de précision de l'artillerie (2).

Aux officiers municipaux qui viennent d'être nommés il faut ajouter Pagent national Rollet- Marat et l'administrateur Martine, qui partirent pour Paris au milieu de messidor, y furent retenus avec Blanq-Desislcs et Frilet en exécution

(i) Quelques-uns s'étaient compromis quoique fort honnStes gens, tels que Bon et Faguet.

(2) P. 9 et iH du Mémoire justificatif pour Aimé-Marie Albant, serrurier et maire de la commune de Bourg. Paris, an 111, i8 p. in-4. — C"D.

l36 SEIZIÈME ÉPOQUE.

d'ordres des Comités de Salut public et de Sûreté générale du 6 du même mois, et rentrèrent à Bourg avec eux le 16 thermidor.

Notons encore qu'en floréal les officiers municipaux de Belley furent, comme ceux de Bourg, traduits à Paris ; le fait est mentionné sur le registre de la Société des Sans-Culottes de Bourg dans les termes suivants, séance du 17 floréal an II :

Un des frères fait lecture de la correspondance des sansculottes de Belley, écrivant qu'ils sont traduits à Paris pour rendre compte de leur conduite ; ils disent que, forts de leur pureté et de leur conscience, ils reviendront triomphants dans le sein de la Société. Cette lettre est signée des citoyens Torombert, Carrier^ Bonnet, Barquet, Lacroix et Dupont.

L'arrestation des officiers municipaux rendit un peu de confiance au parti de l'ordre et de la religion. Les honnêtes gens furent plus expansifs dans leur indignation. Les détenus, les opprimés firent appel à leurs concitoyens. Dans les campagnes^ on observa moins le repos du décadi et beaucoup plus celui du dimanche. Ce retour aux traditions religieuses faisait le désespoir de RoUet-Marat. En qualité d'agent national du district, il s'en plaignit au Comité de Salut public dans son compte rendu de chaque décade. On voit aussi par sa lettre au

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