CHAPITRE PREMIER
Arrivée de Méaullc; ses principes; coup d'œil général sur sa mission. — Adresse de la Société populaire de Bourg- en faveur de Dorfeuille. — Lettres de Rollet-Marat en faveur des officiers municipaux, — Dorfeuille offre à la Société populaire un tableau représentant les quatre héros de la liberté. — Af "« de la Cottière, favetirs qu'elle obtient du district et de la commune. — Deux compilations de Dorfeuille et Millet : « Recueil de pièces patriotiques » et « Calendrier républicain. » Les Dombistes, les Bressans, les Bugistes, les « Gessois » et les « Valromaisans » portraiturés par le citoyen Billion, de Nantua.
Méaulle (1 , successeur d'Albitte (2)^ paraît à la Société populaire de Bourg, le i3 floréal an II (2 mai 1794). En ce moment, les orateurs patriotes continuaient leurs jérémiades sur le départ des officiers municipaux, Rollet-Marat, Dorfeuille, Millet, Gallien, Ghaigneau, Martine, prennent tour à tour leur défense et poussent des cris de paon contre les aristocrates. Le nouveau proconsul fait chorus avec eux, ce qu'atteste le procès-
(i) Jean Nicolas, né à Saint-Aubin-du-Cormier, village d'Ille-et- Vilaine, en 1757, mort à Gand en 18 '4.
(2) Mcaullc, qui remplaçait Albilte à Bourg, l'avait déjà remplacé à Lyon.
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verbal de la séance ; on lit, en effet, page 1 14 du registre :
Le représentant du peuple Méaulle monte à la tribune, et dit que la discussion qui vient de s'engager exige une application de ses principes : il s'est aperçu, dans une partie de la salle , de mouvements qu'il est bon de réprimer; il apprend aux aristocrates qu'il n'est pas venu pour les favoriser ; il ne vient pas non plus donner de l'espérance aux modérés ; il a toujours sçu combattre les premiers et mépriser les autres. Que les patriotes ne s'en inquiètent pas ; que les braves sans-culottes, qui ont tout à gagner à la liberté et à l'égalité, ne désespèrent jamais ; qu'ils restent fermes à leurs postes ; ils ont une force morale bien grande ; ils sont les maîtres de l'opinion ; qu'ils soient unis, ils seront invincibles. Il dit, au sujet des officiers municipaux, que les comités jugeront avec sagesse. Il recommande de nouveau aux patriotes d'éloigner tout germe de division, de rester unis, d'agir avec prudence. Il les éclaire sur les pièges qu'on leur tend : on veut les circonvenir de toutes les manières ; les aristocrates se montrent sous toutes les formes. Aujourd'hui ils sont tous probes et vertueux, ils voudroient ranger tous les patriotes parmi les partisans d'Hébert ; ils voudroient même pouvoir les porter à des opinions extravagantes, à des motions exagérées : leur but est de réduire les patriotes à zéro et de prendre leur place ; mais ils ne réussiront pas ; que le char de la révolution soit bien conduit ; que les sans-culottes méprisent les sifflements de tous les serpents qui les entourent.^ Quant aux détenus, il sçait bien que ce sont autant d'ennemis que se sont faits les patriotes, que ce sont autant d'ennemis de la chose publique ; mais il y sera pourvu, et la République triomphera. C'est bien pour les aristo-